Une SCI ne dépose pas une seule déclaration par an, mais une grappe d’obligations qui s’enchaînent et se contrôlent mutuellement. La déclaration de résultats reste centrale, avec son formulaire 2072 ou 2065 selon le régime fiscal. Mais elle déclenche aussi des dépôts pour chaque associé, parfois une déclaration de CFE, parfois une déclaration de TVA, et systématiquement la déclaration des biens immobiliers via Gérer mes biens immobiliers. Cette mécanique tient à un calendrier serré : 5 mai 2026 pour le dépôt papier, 20 mai 2026 pour la télédéclaration des résultats clos au 31 décembre 2025. Une seule pièce manquante peut suffire à déclencher des pénalités de 10 % à 80 %, accompagnées d’une amende forfaitaire de 150 € par déclaration absente prévue à l’article 1728 du CGI.
La déclaration de résultats, pivot annuel de la SCI
Toutes les SCI doivent déposer chaque année une déclaration de résultats, même quand l’exercice se solde à zéro. Le formulaire change radicalement selon le régime fiscal de la société. Une SCI à l’IR utilise la 2072 dans deux variantes. Une SCI à l’IS dépose une liasse fiscale complète proche de celle d’une SARL classique.
Formulaire 2072-S ou 2072-C : la ligne de partage
Le formulaire 2072-S concerne les SCI les plus simples. Il s’applique quand tous les associés sont des personnes physiques, ou des entreprises au régime micro-BIC, micro-BA ou BNC. La SCI ne doit posséder aucun bien en nue-propriété ni d’immeuble classé monument historique. Aucun dispositif d’amortissement spécifique ne doit avoir été activé : ni Périssol, ni Besson, ni Robien, ni Borloo, ni Pinel.
Le formulaire 2072-C devient obligatoire dès qu’une de ces conditions n’est pas réunie. C’est notamment le cas quand un associé est soumis à l’IS ou au régime réel BIC ou BA. C’est aussi le cas si la SCI détient un bien en nue-propriété, ou si elle bénéficie d’une déduction d’amortissement au titre d’un dispositif fiscal. La 2072-C demande davantage de ventilations et de tableaux annexes.
Dans les deux cas, la déclaration s’accompagne de l’annexe 2072-S-A1-SD ou 2072-C-A1-SD pour la répartition du résultat entre associés. Le gérant remet ensuite à chacun une attestation indiquant sa quote-part, indispensable pour la déclaration personnelle qui suivra.
Liasse 2065 et annexes pour les SCI à l’IS
Une SCI à l’IS bascule dans un univers fiscal différent. Elle ne profite plus de la transparence et calcule elle-même son impôt sur le résultat. La déclaration prend la forme d’une liasse fiscale complète, articulée autour du formulaire 2065. Ce document central reprend l’identité de la société, son régime d’imposition et le résultat fiscal à imposer.
Le 2065 ne suffit jamais seul. Il s’accompagne d’annexes comptables qui détaillent le bilan et le compte de résultat. Au régime réel simplifié, ces annexes vont du 2033-A au 2033-G : bilan simplifié, compte de résultat, immobilisations, provisions, valeur ajoutée, capital social et filiales. Au régime réel normal, la liasse passe aux formulaires 2050 à 2059, avec un niveau de détail nettement supérieur sur les variations d’actif et les retraitements fiscaux.
Les SCI à l’IS doivent en plus déposer un relevé de solde et conserver leurs comptes annuels. L’amortissement du bien immobilier devient déductible, ce qui modifie profondément la base imposable. Cette technicité explique pourquoi un logiciel de comptabilité ou un expert-comptable accompagne presque toujours ces SCI.
Calendrier 2026 pour les déclarations de résultats
Le calendrier 2026 fixe deux dates limites pour les exercices clos au 31 décembre 2025. La date papier tombe le 5 mai 2026, soit le deuxième jour ouvré après le 1er mai. La télédéclaration bénéficie automatiquement d’un délai supplémentaire de 15 jours calendaires. La date limite passe alors au 20 mai 2026.
Ce délai supplémentaire ne se demande pas. Il s’applique dès lors que la déclaration transite par l’espace professionnel sur impots.gouv.fr ou via la procédure EDI-TDFC. La télédéclaration est d’ailleurs obligatoire pour toutes les SCI immatriculées, conformément à l’article 1649 quater B quinquies du CGI. Le dépôt papier devient une exception réservée aux cas d’impossibilité technique avérée.
Pour les SCI dont l’exercice se clôture à une autre date, la déclaration doit être déposée dans les trois mois suivant la clôture, là encore avec 15 jours supplémentaires en cas de télétransmission.
Les déclarations qui retombent sur les associés
La SCI à l’IR ne paie pas elle-même l’impôt. Le résultat fiscal traverse la société et s’impose chez chaque associé, en proportion de ses parts. Cette transparence déclenche un second cycle de déclarations, à charge cette fois des personnes physiques. La SCI à l’IS suit une logique très différente, restreinte aux dividendes effectivement distribués.
2042 et 2044 : la quote-part chez chaque associé
Chaque associé d’une SCI à l’IR doit reporter sa quote-part de résultat sur sa déclaration personnelle. Le mécanisme dépend du régime foncier applicable. Au régime réel, l’associé remplit le formulaire 2044 ou 2044 spéciale, qui détaille les revenus bruts, les charges déductibles et le résultat net. Le bénéfice ou le déficit foncier passe ensuite sur la 2042.
Au régime micro-foncier, le détour par la 2044 disparaît. Le montant brut de la quote-part s’inscrit directement en case 4BE de la 2042. Un abattement forfaitaire de 30 % représente alors les charges, sans justificatif à produire.
Le formulaire 2044 spéciale s’impose dans certaines situations : amortissements Périssol, Besson, Robien ou Borloo, monuments historiques, immeubles Malraux antérieurs à 2009, biens en nue-propriété. Cette version comporte des paragraphes 110 et 400 distincts selon la nature des biens.
L’associé doit conserver l’attestation remise par la SCI. L’administration peut la demander en cas de contrôle, et toute incohérence entre la 2072 et la 2044 attire immédiatement l’attention du fisc.
Régime micro-foncier ou régime réel : le seuil des 15 000 €
La bascule entre micro-foncier et régime réel ne se choisit pas librement. Elle dépend du total des revenus fonciers bruts perçus par le foyer fiscal, parts de SCI comprises. En dessous de 15 000 €, le micro-foncier s’applique automatiquement. Au-dessus, le régime réel devient obligatoire et l’associé bascule sur la 2044.
Ce seuil concerne tous les biens du foyer fiscal, pas uniquement la quote-part de SCI. Un investisseur qui détient un appartement loué directement à 9 000 € de loyers annuels et 8 000 € de quote-part en SCI franchit le seuil. Il doit alors basculer au réel pour l’ensemble de ses revenus fonciers.
Une SCI qui pratique un dispositif d’amortissement, qui détient un monument historique ou qui possède un bien en nue-propriété ferme la porte du micro-foncier. Tous les associés doivent alors déclarer au régime réel, même quand leur part totale reste inférieure à 15 000 €. Le réel reste souvent plus avantageux dès qu’il y a des travaux, des intérêts d’emprunt ou un déficit potentiel.
SCI à l’IS : seuls les dividendes distribués sont déclarés
La SCI à l’IS coupe le lien fiscal direct avec ses associés. La société paie elle-même l’impôt sur le résultat, au taux de 25 % au-delà de 42 500 € de bénéfice et de 15 % en dessous, sous conditions. Les associés ne déclarent rien tant qu’aucun dividende n’est distribué.
Quand la SCI distribue des bénéfices, ces sommes deviennent des revenus de capitaux mobiliers. L’associé personne physique les reporte sur sa 2042, dans la rubrique réservée aux dividendes. Le prélèvement forfaitaire unique de 30 % s’applique en principe, sauf option pour le barème progressif. Cette imposition s’ajoute à l’IS déjà acquitté par la société.
Cette double imposition explique en partie la moindre popularité de l’IS pour les SCI familiales en pure stratégie de revenus. En revanche, l’IS conserve un intérêt fort quand les bénéfices sont réinvestis dans la société. Tant qu’aucune distribution n’a lieu, seul le taux IS frappe le résultat. Les associés ne supportent rien à titre personnel.
Une SCI à l’IR ne paie pas l’impôt elle-même : son résultat traverse vers les associés, qui le déclarent sur leur 2042 et 2044. Une SCI à l’IS supporte directement l’impôt sur le résultat, et ses associés ne déclarent que les dividendes effectivement distribués. Les deux régimes imposent au gérant le dépôt annuel d’une déclaration de résultats, même quand l’exercice se solde à zéro.
Prélèvements sociaux et IFI : les deux oublis les plus coûteux
Reporter sa quote-part sur la 2044 ne clôt pas le sujet chez l’associé. Le revenu foncier net supporte, en plus de l’impôt sur le revenu au barème, les prélèvements sociaux au taux global de 17,2 %. Ils sont calculés par l’administration à partir des mêmes cases et recouvrés avec l’impôt, sans démarche supplémentaire. Pour un associé dans la tranche à 30 %, le taux réel de frottement sur les loyers nets atteint donc 47,2 %, et non 30 %. La CSG acquittée est déductible du revenu global de l’année suivante à hauteur de 6,8 points, ce qui adoucit légèrement la facture sur la durée.
Les SCI à l’IS échappent à cette mécanique tant qu’elles ne distribuent pas : les prélèvements sociaux ne frappent alors que les dividendes versés, compris dans le prélèvement forfaitaire unique de 30 %.
Second oubli fréquent, l’impôt sur la fortune immobilière. Les parts de SCI entrent dans l’assiette de l’IFI à hauteur de la fraction de leur valeur représentative des immeubles détenus par la société. Dès que le patrimoine immobilier net du foyer dépasse 1 300 000 euros au 1er janvier, l’associé dépose l’annexe 2042-IFI avec sa déclaration de revenus. Le gérant doit alors fournir à chaque associé une attestation indiquant la valeur vénale des biens et la quote-part imposable. L’emprunt souscrit par la SCI vient en déduction, mais selon des règles de plafonnement qui limitent l’effet de levier sur les patrimoines importants.
Une SCI dont les associés relèvent de l’IFI doit produire chaque année une évaluation des parts. Une valorisation reconduite à l’identique d’une année sur l’autre, sans tenir compte du marché ni de l’amortissement de la dette, est l’un des points systématiquement repris lors des contrôles IFI. L’évaluation doit être documentée et datée du 1er janvier.
Les déclarations connexes selon l’activité
La déclaration de résultats et la quote-part associés ne couvrent pas tout. Selon la nature des biens et de la location, la SCI peut devoir s’acquitter d’autres formalités : cotisation foncière des entreprises, TVA, déclaration d’occupation des biens immobiliers. Ces obligations passent souvent inaperçues et provoquent des pénalités évitables.
CFE et formulaire 1447-C-SD : qui est concerné
La cotisation foncière des entreprises s’applique aux SCI qui exercent une activité professionnelle non salariée. Elle est due dès la deuxième année, la première année bénéficiant d’une exonération automatique. Une SCI qui se limite à louer des logements nus à usage d’habitation reste en principe hors champ.
L’assujettissement frappe les SCI qui louent des locaux professionnels équipés ou qui pratiquent la location meublée à titre habituel. Une SCI qui détient un bureau loué à une entreprise est redevable dans la commune où se trouve le bien. Le montant dépend de la valeur locative cadastrale et du taux fixé par la collectivité.
Toute SCI doit déposer une déclaration initiale 1447-C-SD avant le 31 décembre de l’année de création. Cette formalité reste obligatoire même quand la société pense être exonérée. Sans dépôt, l’administration ne peut pas appliquer correctement l’exonération éventuelle et taxe d’office. Le formulaire 1447-M intervient ensuite uniquement en cas de changement : modification de surface, demande d’exonération facultative, cessation d’activité dans la commune.
TVA : option ou assujettissement obligatoire
La SCI relève par défaut de l’exonération de TVA prévue à l’article 261 D du CGI. La location nue à usage d’habitation reste hors champ, sans option possible. Cette exonération produit deux effets : aucune TVA n’est facturée sur les loyers, mais aucune TVA d’amont ne se récupère.
L’assujettissement devient obligatoire dans deux situations. La SCI loue des biens aménagés à usage professionnel. La SCI loue des biens meublés à usage d’habitation et propose au moins trois prestations annexes assimilées à de l’hôtellerie : ménage, fourniture de linge, petit-déjeuner ou réception personnalisée.
Pour les locaux professionnels nus, l’option pour la TVA reste possible mais engage la SCI pour 10 ans minimum. Elle se demande par courrier au SIE, immeuble par immeuble, et prend effet au 1er jour du mois suivant la demande. Une fois assujettie, la SCI dépose des déclarations CA3 ou CA12 selon son régime, et collecte la TVA sur les loyers. L’option ouvre la récupération de la TVA sur les travaux et les charges, ce qui peut peser lourd sur les programmes de rénovation.
Gérer mes biens immobiliers : la déclaration d’occupation
Depuis 2023, tous les propriétaires, SCI comprises, doivent déclarer l’usage de leurs biens via le service Gérer mes biens immobiliers. Cette obligation s’applique à chaque bien détenu au 1er janvier de l’année. Elle ne remplace aucune autre déclaration, elle s’y ajoute.
Pour 2026, la date limite générale est fixée au 30 juin. Les SCI suivent cependant un calendrier spécifique aligné sur la déclaration de résultats, soit le deuxième jour ouvré après le 1er mai. Le dépôt passe par l’espace professionnel sur impots.gouv.fr.
L’omission entraîne une amende forfaitaire de 150 € par bien non déclaré, après une relance préalable. La déclaration vise à recenser l’usage de chaque logement : résidence principale, résidence secondaire, location à l’année, logement vacant. Elle alimente notamment le calcul de la taxe sur les logements vacants et la taxe d’habitation sur les résidences secondaires.
| Régime / Situation | Déclaration | Échéance 2026 |
|---|---|---|
| SCI à l’IR (résultats) | 2072-S ou 2072-C | 20 mai 2026 |
| SCI à l’IS (résultats) | 2065 + 2033 ou 2050-2059 | 20 mai 2026 |
| Associé (SCI à l’IR) | 2042 + 2044 ou 2044-SPE | Mai-juin 2026 (selon dépt.) |
| Bien immobilier | GMBI (occupation au 1er janvier) | 5 mai 2026 (SCI) |
| Activité professionnelle | 1447-C-SD (CFE) | 31 déc. 2026 (1ère année) |
Les déclarations que le calendrier annuel ne couvre pas
Le cycle 2072 ou 2065 ne représente que la routine. Chaque événement de la vie sociale déclenche sa propre déclaration, avec un délai court et autonome, souvent de trente ou soixante jours. Ce sont ces dépôts ponctuels, et non la déclaration annuelle, qui produisent l’essentiel des pénalités constatées en SCI, parce que personne ne les attend.
Cession de parts : enregistrement et plus-value
La vente de parts sociales entraîne deux obligations distinctes. L’acte doit d’abord être enregistré auprès du service des impôts dans le mois de sa signature, accompagné du formulaire 2759-SD. Les droits s’élèvent à 5 % du prix pour une SCI à prépondérance immobilière, c’est-à-dire dont l’actif est principalement composé d’immeubles, ce qui est la situation de presque toutes les SCI patrimoniales.
La plus-value réalisée par le cédant suit ensuite deux chemins selon le régime de la société. Pour une SCI à l’impôt sur le revenu, elle relève des plus-values immobilières des particuliers : déclaration 2048-M-SD et paiement dans le mois, avec les abattements pour durée de détention et l’exonération totale d’impôt au bout de vingt-deux ans, trente ans pour les prélèvements sociaux. Pour une SCI à l’IS, elle relève du régime des plus-values de cession de valeurs mobilières, déclarée sur le formulaire 2074 puis reportée sur la 2042, sans abattement pour durée de détention.
Dissolution, changement de gérant, transfert de siège
La dissolution ouvre un délai de soixante jours pour déposer la déclaration de résultats de cessation, couvrant la période écoulée depuis la clôture du dernier exercice. Ce dépôt est indépendant du calendrier de mai et se double des formalités de liquidation puis de radiation au registre national des entreprises. Tant que la radiation n’est pas prononcée, les obligations déclaratives annuelles continuent de courir, même sur une société sans activité.
Les modifications statutaires suivent une logique de registre plutôt que de fiscalité : changement de gérant, transfert de siège social, modification de l’objet ou du capital se déclarent au guichet unique des formalités des entreprises dans le mois, avec publication d’une annonce légale pour celles qui touchent aux statuts. S’y ajoute la déclaration des bénéficiaires effectifs, à mettre à jour dans les trente jours dès que la répartition du capital évolue.
| Événement | Déclaration | Délai |
|---|---|---|
| Cession de parts | Acte enregistré + 2759-SD | 1 mois après la signature |
| Plus-value de cession (SCI à l’IR) | 2048-M-SD | 1 mois, paiement joint |
| Dissolution | Déclaration de résultats de cessation | 60 jours |
| Changement de gérant ou de siège | Formalité au guichet unique | 1 mois |
| Évolution du capital ou des associés | Bénéficiaires effectifs au RNE | 30 jours |
| Honoraires versés à un tiers | DAS2, avec la déclaration de résultats | Échéance de mai |
La DAS2, la déclaration que personne n’attend
Une SCI qui verse des honoraires, des commissions ou des vacations à un tiers doit les déclarer dès que le total versé à un même bénéficiaire dépasse 2 400 euros toutes taxes comprises sur l’année. Syndic, architecte, avocat, apporteur d’affaires, agent immobilier entrent dans le périmètre. La déclaration, appelée DAS2, se dépose en même temps que la déclaration de résultats et n’entraîne aucun paiement : elle sert uniquement à recouper les revenus déclarés par le prestataire.
Son oubli reste sanctionné par une amende de 50 % des sommes non déclarées, plafonnée et susceptible de remise en cas de première infraction régularisée spontanément. La sanction paraît disproportionnée pour une simple déclaration de recoupement, ce qui explique qu’elle soit rarement appliquée dans toute sa rigueur, mais elle figure bien au texte.
Les SCI soumises à l’impôt sur le revenu et dépourvues de salarié sont en pratique très rarement inquiétées sur la DAS2, l’obligation visant d’abord les entreprises relevant des BIC et de l’IS. Une SCI ayant opté pour l’IS et versant des honoraires réguliers à un cabinet a en revanche tout intérêt à la déposer : le coût est nul, l’omission ne l’est pas.
Sanctions, retards et oublis
Les sanctions fiscales liées aux déclarations en SCI suivent une logique progressive prévue aux articles 1728 et 1729 du Code général des impôts. Le barème dépend du retard, de la mise en demeure et de l’éventuelle intention frauduleuse. Une SCI sans activité reste exposée tant qu’elle n’est pas radiée du RCS.
Le barème progressif des majorations
Le retard simple, sans mise en demeure, déclenche une majoration de 10 % sur l’impôt dû. Cette pénalité s’applique automatiquement dès le lendemain de la date limite. Pour une SCI dont le résultat est nul, la majoration de 10 % porte sur un impôt égal à zéro.
Après mise en demeure restée sans effet pendant 30 jours, la majoration grimpe à 40 %. Le simple oubli prolongé devient alors significativement plus coûteux qu’un retard court régularisé rapidement. La mise en demeure marque le seuil au-delà duquel le fisc considère qu’il y a manquement délibéré.
L’administration peut porter la majoration à 80 % quand elle établit une intention frauduleuse caractérisée. C’est le cas pour les activités occultes, les manœuvres frauduleuses ou les abus de droit. Cette sanction reste rare en SCI familiale classique mais s’applique régulièrement aux schémas de location déguisée. Des intérêts de retard de 0,20 % par mois s’ajoutent à toutes ces majorations.
L’amende forfaitaire de 150 € par déclaration manquante
L’amende forfaitaire de 150 € s’applique pour chaque déclaration manquante, indépendamment de l’impôt dû. Elle découle de l’article 1728, 2° du CGI et frappe particulièrement les SCI sans activité. Une SCI dormante qui oublie sa 2072 paie 150 € même quand son résultat est nul.
Le cumul peut grimper rapidement. Une SCI qui omet sa 2072, sa déclaration GMBI et sa 1447-C-SD se retrouve exposée à 450 € minimum, hors majorations sur l’impôt éventuel. Pour des oublis répétés sur plusieurs exercices, la facture atteint régulièrement le millier d’euros sans que la SCI ait jamais perçu un loyer.
Cette amende reste due même si la déclaration est finalement déposée spontanément. Seule une régularisation très rapide, avant tout signal de l’administration, peut parfois conduire à une remise gracieuse.
Le retard d’une déclaration en SCI déclenche un barème progressif prévu aux articles 1728 et 1729 du CGI. Majoration de 10 % en cas de simple retard, 40 % après 30 jours suivant mise en demeure, 80 % en cas d’intention frauduleuse caractérisée. À ces majorations s’ajoute une amende forfaitaire de 150 € par déclaration manquante, applicable même quand le résultat de la SCI est nul.
Taxation d’office : le scénario à éviter
Au-delà des pénalités, l’absence de déclaration ouvre la voie à la taxation d’office prévue à l’article L. 66 du Livre des procédures fiscales. L’administration calcule alors elle-même les revenus de la SCI à partir des éléments dont elle dispose, sans bénéfice du contradictoire.
La taxation d’office produit deux effets cumulés. Le contribuable perd toutes les charges déductibles qu’il n’a pas formellement présentées : intérêts d’emprunt, taxe foncière, travaux, frais de gestion. Il subit en plus la majoration de 40 % et les intérêts de retard. Le résultat imposable peut largement dépasser la réalité économique de la SCI.
La régularisation reste possible mais coûteuse. Elle exige le dépôt rétroactif des déclarations manquantes, accompagnées de tous les justificatifs. Une fois la procédure engagée, la charge de la preuve bascule sur le contribuable, qui doit démontrer chaque charge année par année.
Pour la grande majorité des SCI, le respect du calendrier déclaratif passe par un seul réflexe : centraliser tout dans l’espace professionnel et anticiper la date du 20 mai. L’erreur la plus coûteuse n’est pas la mauvaise case cochée, c’est l’oubli pur et simple d’une déclaration annexe comme la GMBI ou la 1447-C-SD.
Questions fréquentes
Une SCI sans revenus doit-elle déposer une déclaration ?
Oui, une SCI immatriculée doit déposer chaque année un formulaire 2072-S à zéro, même sans loyer perçu et sans bien encore acquis. Cette obligation cesse uniquement après la radiation au RCS. Une dispense partielle existe pour les SCI à l’IR sans activité, après une première déclaration initiale, tant que la situation reste strictement identique. Toute modification rouvre l’obligation déclarative complète.
Que se passe-t-il si la SCI dépasse de quelques jours la date limite ?
Un retard sans mise en demeure déclenche automatiquement la majoration de 10 % sur l’impôt dû et l’amende forfaitaire de 150 € par déclaration manquante prévue à l’article 1728 du CGI. Au-delà de 30 jours après mise en demeure, la majoration passe à 40 %. Le télédéclarant bénéficie de 15 jours calendaires supplémentaires accordés automatiquement, ce qui repousse la date du 5 mai au 20 mai pour les exercices clos au 31 décembre.
Qui doit signer et déposer la déclaration de la SCI ?
Le gérant en titre engage sa responsabilité personnelle dans le dépôt. Il peut mandater un expert-comptable ou utiliser un logiciel de comptabilité passant par EDI-TDFC, mais reste responsable du contenu transmis. En cas de cogérance, un seul gérant suffit pour télétransmettre. Sa nomination doit toutefois figurer dans les statuts ou dans une assemblée générale enregistrée.
Comment basculer une SCI à l’IR vers le régime IS ?
L’option pour l’IS se demande par lettre adressée au SIE, ou directement dans le formulaire de création M0 lors de la constitution. Elle est désormais révocable pendant cinq exercices, sur la base de l’article 239 du CGI. Le passage à l’IS impose une nouvelle architecture déclarative : liasse 2065, annexes 2033 ou 2050, comptabilité d’engagement et bilan annuel obligatoire.
Une SCI familiale a-t-elle des obligations déclaratives allégées ?
Non, le caractère familial ne change rien aux obligations fiscales. Une SCI familiale dépose les mêmes formulaires qu’une SCI classique : 2072 ou 2065 selon le régime, déclarations connexes selon l’activité, GMBI pour chaque bien. Le statut familial influence uniquement la fiscalité de la transmission et certains aspects civils, comme la possibilité de retrait individuel des associés sans accord unanime.
Peut-on corriger une déclaration de SCI déjà déposée ?
Oui. Une déclaration rectificative se dépose par le même canal que l’originale, en signalant qu’elle annule et remplace la précédente. Lorsque la régularisation est spontanée, c’est-à-dire intervenue avant toute demande de l’administration, l’intérêt de retard est réduit de moitié au titre du droit à l’erreur. Cette réduction tombe dès qu’une proposition de rectification ou un avis de vérification a été notifié à la SCI.
Une SCI doit-elle déclarer un compte bancaire détenu à l’étranger ?
Oui, sur le formulaire 3916-3916 bis, à joindre à la déclaration annuelle. L’obligation vise tout compte ouvert, détenu, utilisé ou clos à l’étranger au cours de l’année, y compris les comptes de paiement en ligne. L’amende est de 1 500 euros par compte non déclaré, portée à 10 000 euros lorsque le compte est ouvert dans un État n’ayant pas conclu de convention d’assistance administrative avec la France.
Un associé non-résident déclare-t-il sa quote-part en France ?
Oui. Les revenus fonciers de source française restent imposables en France quel que soit le lieu de résidence de l’associé, en application des conventions fiscales qui attribuent le droit d’imposer à l’État de situation de l’immeuble. Le non-résident dépose une déclaration 2042 auprès du service des impôts des particuliers non-résidents, avec un taux minimum d’imposition susceptible d’être écarté s’il démontre que le barème appliqué à l’ensemble de ses revenus mondiaux lui serait plus favorable.