Calculez vos frais de notaire en SCI
Barème 2026 à jour. DMTO majoré, émoluments dégressifs, apport en nature et cession de parts.
Cuisine équipée, électroménager, mobilier scellé. Doit être justifié (factures + état des lieux).
L’apport pur et simple à une SCI à l’IR est exonéré sous engagement de conservation des parts pendant 3 ans (CGI art. 810 bis).
Rédaction de l’acte d’apport. Non réglementés, généralement 1 500 à 3 000 €.
Prix de cession ou valeur vénale réelle si supérieure. SCI à prépondérance immobilière (>50 % d’actif immobilier).
Sur 100 € versés au titre des « frais de notaire » lors d'un achat immobilier en SCI, à peine 15 € reviennent réellement à l'étude. Le reste part à l'État, au département et à la commune via les droits de mutation. La SCI ne modifie ni le barème, ni l'assiette : seule la nature du bien (neuf ou ancien) compte vraiment.
Depuis avril 2025, la loi de finances autorise les départements à relever leur part de 0,5 point. Le taux global atteint désormais 6,32 % dans 83 départements, contre 5,81 % auparavant. Pour un bien ancien à 300 000 €, comptez autour de 22 000 € de frais. Dans le neuf, la facture tombe sous les 7 000 € grâce à la TVA déjà intégrée au prix.
Le calcul reste mécanique. Quatre lignes, des taux fixés par décret, aucune marge d'interprétation. La vraie variable d'ajustement se trouve dans les cas spécifiques : apport d'un bien en nature à la SCI et cession ultérieure des parts sociales.
Un calcul identique à celui d'un particulier
Le mythe d'un régime spécial SCI a la vie dure. Pourtant, l'administration fiscale traite l'achat d'un bien par une société civile immobilière exactement comme l'achat par un particulier. Même barème dégressif sur les émoluments. Mêmes DMTO départementaux. La seule différence se loge dans les cas particuliers : apports en nature et cessions de parts.
Les trois composantes du calcul
Quatre lignes structurent toujours le calcul, jamais une de plus. Les droits de mutation à titre onéreux représentent la part la plus lourde, soit 80 % du total dans l'ancien. Ces taxes sont reversées à l'État, au département et à la commune. Elles ne reviennent jamais au notaire.
Viennent ensuite les émoluments du notaire, sa rémunération propre, calculée selon un barème dégressif national fixé par l'arrêté du 28 février 2020. Ce barème a été reconduit à l'identique pour la période 2026-2028 par l'arrêté publié le 28 février 2026. Aucune marge de manœuvre territoriale ici : le tarif est strictement le même partout en France.
Les débours couvrent les frais avancés par l'étude pour le compte de la SCI : extraits cadastraux, certificats d'urbanisme, géomètre, syndic. Comptez quelques centaines d'euros. La contribution de sécurité immobilière clôt le calcul à 0,10 % du prix de vente, avec un minimum de 15 €. Cette ligne finance les formalités d'enregistrement et de publicité foncière.
Pourquoi la SCI ne change pas le mode de calcul
La SCI est une personne morale, certes, mais sa nature juridique n'a aucune incidence sur le calcul des frais d'acquisition. La seule variable déterminante reste le bien lui-même. Neuf ou ancien, voilà le vrai pivot. Un appartement ancien acheté par une SCI à l'IS, par une SCI à l'IR ou par un particulier en direct générera exactement le même montant de frais.
Cette uniformité a une conséquence pratique. Les nombreux articles qui promettent des « frais réduits grâce à la SCI » sont trompeurs sur l'achat direct. La société civile n'ouvre aucun barème dérogatoire pour un achat immobilier classique réalisé en SCI. La structure ne réduit la facture notariée que dans deux situations précises. Premier cas : l'apport d'un bien en nature au capital social. Second cas : la cession ultérieure de parts sociales plutôt que la revente du bien lui-même.
Le barème 2026 des émoluments du notaire
La rémunération propre du notaire ne représente qu'une fraction du total. Environ 1 % du prix de vente, parfois 1,5 % sur les petits biens. Le barème est dégressif et national, codifié à l'article A444-91 du Code de commerce. Quatre tranches s'appliquent successivement, du taux le plus élevé sur les premiers euros au taux le plus faible au-delà de 60 000 €.
Les quatre tranches dégressives applicables
Le barème reconduit pour 2026-2028 fonctionne par tranches cumulatives. Sur la fraction du prix comprise entre 0 et 6 500 €, le taux est de 3,870 %. Entre 6 500 € et 17 000 €, il tombe à 1,596 %. De 17 000 à 60 000 €, le taux passe à 1,068 %. Au-delà de 60 000 €, il s'établit à 0,799 %. À ces émoluments hors taxes s'ajoute la TVA à 20 %.
Prenons un appartement vendu 300 000 €, acheté par une SCI familiale. Le calcul s'exécute tranche par tranche : 6 500 × 3,870 % = 251,55 € ; puis 10 500 × 1,596 % = 167,58 € ; puis 43 000 × 1,068 % = 459,24 € ; et enfin 240 000 × 0,799 % = 1 917,60 €. Total HT : 2 795,97 €. Avec la TVA, on arrive à 3 355,16 €.
Cette mécanique a une conséquence directe sur la lecture du devis. Plus le bien est cher, plus le taux moyen baisse. Sur un bien à 100 000 €, les émoluments représentent environ 1,2 % du prix. Sur un bien à 500 000 €, ils descendent autour de 0,9 %. La progression n'est pas proportionnelle. Elle compresse la rémunération du notaire au fur et à mesure que la transaction grossit.
La remise de 20 % au-delà de 100 000 €
L'article L444-2 du Code de commerce ouvre une marge de négociation peu connue. Le notaire peut accorder une remise jusqu'à 20 % sur la part des émoluments calculée au-delà de 100 000 €. La fraction inférieure à ce seuil reste intouchable. Au-delà, tout dépend de la politique de l'étude.
Concrètement, sur un bien à 300 000 €, la remise maximale s'applique à 200 000 € (300 000 − 100 000). Le calcul donne : 200 000 × 0,799 % × 20 % × 1,20 (TVA) = environ 384 €. Le gain reste modeste mais accessible. Le notaire qui choisit cette remise doit toutefois l'appliquer à tous ses clients pour des transactions équivalentes : c'est la règle d'égalité posée par le Code de commerce. Cette obligation explique pourquoi la remise est rare en zone tendue, plus fréquente en zone détendue. Une simple demande coûte zéro.
Les émoluments représentent environ 1 % du prix d'achat seulement, et suivent un barème dégressif identique partout en France. La vraie variable du calcul global se trouve ailleurs : dans les droits de mutation, qui pèsent près de 80 % de la facture totale dans l'ancien.
Les DMTO, la vraie ligne lourde du calcul
La rémunération du notaire est l'arbre qui cache la forêt. La forêt, ce sont les droits de mutation à titre onéreux. Ils représentent près de 80 % de la facture totale dans l'ancien et ont augmenté depuis avril 2025. Le mode de calcul varie radicalement selon que le bien est neuf ou ancien, mais aucunement selon que l'acquéreur est une SCI ou un particulier.
Bien ancien : 6,32 % depuis avril 2025
Pour un bien ancien acquis par une SCI, le DMTO total atteint désormais 6,3185 % du prix dans la grande majorité des départements. Ce taux se décompose ainsi : 5 % pour le département (contre 4,50 % avant 2025), 1,20 % pour la commune et 0,107 % au titre des frais d'assiette et de recouvrement. La hausse de 0,5 point appliquée par 83 départements depuis le 1er avril 2025 se traduit par environ 1 250 € supplémentaires sur un bien à 250 000 €.
Quelques départements résistent à cette majoration. L'Indre conserve son taux historique de 3,80 %. Les Alpes-Maritimes, la Lozère, l'Oise, les Hautes-Pyrénées et Mayotte restent à 4,50 %. La carte évolue chaque trimestre selon les délibérations des conseils départementaux. La mesure reste autorisée jusqu'au 30 avril 2028.
Bien ancien, au sens fiscal, signifie qu'il a déjà fait l'objet d'une première mutation, peu importe son année de construction. Un appartement neuf revendu six mois après sa première vente bascule donc dans le régime de l'ancien. La SCI qui rachète à un autre vendeur professionnel, hors VEFA, se voit appliquer ce régime. C'est le scénario le plus fréquent et le plus coûteux en pratique.
Taux global des DMTO appliqué dans 83 départements depuis le 1er avril 2025, contre 0,715 % seulement dans le neuf.
| Poste | Bien ancien | Bien neuf |
|---|---|---|
| Droits de mutation (DMTO) | 6,32 % (5,81 % dans 6 départements) | 0,715 % (taxe de publicité foncière) |
| Émoluments notaire | ≈ 1 % TTC du prix (barème national) | ≈ 1 % TTC du prix (barème national) |
| CSI + débours | 0,10 % + 800 à 1 200 € | 0,10 % + 800 à 1 200 € |
| Total pour 300 000 € | ≈ 21 900 € (7,3 %) | ≈ 6 800 € (2,3 %) |
Bien neuf : 0,715 % grâce à la TVA déjà incluse
Dans le neuf, le DMTO disparaît au profit d'une simple taxe de publicité foncière à 0,715 %. La logique fiscale est claire : la TVA à 20 % est déjà payée sur le prix de vente et reversée à l'État. Pas question d'ajouter une couche de droits de mutation par-dessus.
Pour un appartement neuf acheté 300 000 € par une SCI, la taxe ressort à 2 145 €. En ajoutant les émoluments du notaire, la CSI et les débours, le total avoisine 6 800 €. Soit 2,3 % du prix d'achat, contre 7,3 % dans l'ancien sur le même montant. L'écart représente près de 15 000 €.
Le régime « neuf » couvre la VEFA, la vente sur plan et l'achat d'un logement de moins de cinq ans n'ayant jamais été cédé. Cette exclusivité en fait l'un des leviers les plus efficaces pour réduire la facture notariée d'une SCI patrimoniale, à condition que le projet d'investissement le permette.
Apport en nature et cession de parts : les deux cas SCI
La SCI ne réduit pas les frais sur un achat direct, mais elle ouvre deux mécaniques propres aux sociétés civiles. L'apport d'un bien en nature au capital social et la cession ultérieure des parts obéissent à des taux distincts. Ces deux opérations expliquent pourquoi la SCI conserve son intérêt patrimonial sur la durée.
L'apport en nature : 5 % au lieu de 5,80 % sous conditions
L'apport d'un bien immobilier au capital d'une SCI à l'impôt sur les sociétés déclenche un droit d'enregistrement de 5 % de la valeur du bien apporté. Pour une SCI à l'IR, le calcul varie selon la nature de l'apport. L'apport pur et simple, en échange de parts sociales sans contrepartie financière, est exonéré de droit fixe au titre de l'article 810 bis du CGI. L'apport à titre onéreux, par exemple via la prise en charge d'un emprunt en cours, retombe dans le régime des droits de mutation à 5 %.
Une exonération conditionnelle existe pour les apports d'éléments d'actif immobilisés. Le régime fiscal de la SCI doit alors être à l'IR et l'apporteur doit s'engager à conserver les parts reçues pendant trois ans. À défaut, les droits sont rétrocédés.
L'opération exige obligatoirement un acte authentique. Le passage par un notaire pour rédiger l'acte d'apport est non négociable, car la mutation doit être publiée au Service de publicité foncière. Les honoraires du notaire pour cette rédaction ne sont pas réglementés : ils sont fixés librement, généralement entre 1 500 € et 3 000 € selon la complexité du dossier et la valeur du bien.
Si vous cédez vos parts dans les trois ans suivant l'apport d'un bien en nature à une SCI à l'IR, l'administration fiscale considère la cession comme portant sur le bien lui-même, et non sur les parts. Le droit de 5 % devient alors un DMTO complet à 6,32 %, avec rappel rétroactif des droits manquants. Cette règle de l'article 727 du CGI piège régulièrement les opérations familiales mal calibrées.
La cession de parts : un droit fixe de 5 % sur la valeur
La cession de parts d'une SCI à prépondérance immobilière est soumise à un droit d'enregistrement de 5 % de la valeur des parts cédées, avec un minimum de 25 €. Une SCI est dite « à prépondérance immobilière » dès lors que plus de 50 % de son actif est constitué d'immeubles non affectés à une activité professionnelle. C'est le cas de la quasi-totalité des SCI patrimoniales.
L'avantage est massif sur les biens chers. Pour un appartement à 300 000 € détenu par une SCI sans dette, céder l'intégralité des parts coûte 15 000 € de droits d'enregistrement, contre environ 19 000 € de DMTO en cas de revente directe du bien. L'écart se creuse encore si la SCI porte un emprunt résiduel : la valeur des parts diminue d'autant, et avec elle l'assiette taxable.
L'enregistrement doit intervenir dans le mois suivant la signature. Le calendrier d'une cession de parts impose de respecter cette procédure auprès du service des impôts des entreprises, sous peine de pénalités. L'acte peut être rédigé sous seing privé ou par notaire, mais une cession à titre gratuit (donation) exige systématiquement un acte authentique.
Optimiser le montant à régler chez le notaire
Trois leviers chiffrés permettent de réduire la facture sans sortir du cadre légal. Aucun n'est gigantesque pris isolément. Cumulés, ils peuvent faire baisser la note de 1 000 à 3 000 € sur un achat de 300 000 €. Le quatrième levier, l'achat dans le neuf, a déjà été couvert plus haut et reste le plus puissant.
Ventiler le mobilier hors assiette taxable
Lorsque le bien est vendu meublé, la valeur du mobilier peut être déduite de l'assiette servant au calcul des droits de mutation. La SCI achète l'immobilier d'un côté et le mobilier de l'autre, avec une ventilation explicite dans l'acte authentique. Seule la part immobilière est taxée à 6,32 %.
L'administration fiscale accepte cette ventilation sous trois conditions strictes. Le mobilier doit être listé pièce par pièce avec sa valeur unitaire. Les justificatifs (factures, photos, état des lieux détaillé) doivent accompagner l'acte. La valeur attribuée doit être réaliste, en tenant compte d'un coefficient de vétusté.
Pour une cuisine équipée, des placards intégrés non scellés et l'électroménager, la ventilation atteint couramment 5 000 à 10 000 €. Sur un bien à 300 000 €, déduire 8 000 € de mobilier économise environ 506 € de DMTO. Un gain modeste, mais sans contrepartie. La banque ne financera toutefois pas la part mobilière dans le crédit immobilier classique.
Demander la remise sur émoluments
Au-delà de 100 000 €, les émoluments du notaire deviennent négociables dans la limite de 20 %. La demande doit intervenir avant la signature de la promesse de vente, jamais après. Le notaire qui pratique la remise doit l'afficher dans son office et la publier sur son site internet, avec les taux applicables par catégorie d'actes.
En pratique, deux configurations augmentent les chances d'obtenir la remise. Première configuration : la transaction dépasse 200 000 €, ce qui rend l'enjeu visible côté notaire. Seconde configuration : la SCI est cliente récurrente de l'étude, par exemple si le notaire a déjà rédigé les statuts ou suivi un précédent achat. Le levier reste limité (300 à 500 € en moyenne sur un bien à 300 000 €), mais aucune contre-indication n'existe.
Pour un achat direct, la SCI ne change rien : prévoyez 7 à 8 % du prix dans l'ancien et 2 à 3 % dans le neuf. Le vrai levier patrimonial se trouve dans la cession de parts ultérieure, taxée à 5 % au lieu du DMTO complet.
Questions fréquentes
Faut-il obligatoirement passer par un notaire pour acheter en SCI ? +
Oui, dès qu'il y a transfert de propriété d'un bien immobilier. L'article 1582 du Code civil et la procédure de publicité foncière imposent un acte authentique pour toute mutation immobilière. La SCI ne déroge pas à cette règle. Seuls les apports en numéraire au capital social peuvent être réalisés sous seing privé, sans intervention du notaire. Dès qu'un bien immobilier entre dans la société, l'acte doit être rédigé par un officier public.
Les frais de notaire sont-ils déductibles fiscalement pour la SCI ? +
Cela dépend du régime de la SCI. À l'IR, les frais d'acquisition ne sont pas déductibles des revenus fonciers. Ils s'ajoutent toutefois au prix d'acquisition pour le calcul de la plus-value en cas de revente future, ce qui réduit l'assiette taxable. À l'IS, les frais peuvent au choix être passés en charge l'année de l'acquisition ou intégrés au prix de revient amortissable. Cette seconde option permet de les amortir avec le bien sur environ 25 ans.
La hausse des DMTO depuis 2025 s'applique-t-elle aussi à la SCI ? +
Oui, sans exception. La hausse de 0,5 point votée par 83 départements concerne tout achat dans l'ancien, sans distinction entre acquéreur particulier et personne morale. La SCI ne peut pas bénéficier du dispositif primo-accédant qui exonère de cette majoration les particuliers achetant leur première résidence principale. Cette exonération est réservée aux personnes physiques et conditionnée à l'occupation à titre de résidence principale, ce qu'une SCI ne peut juridiquement pas faire pour son propre compte.
Peut-on financer les frais de notaire avec un prêt à 110 % en SCI ? +
C'est plus rare qu'en achat particulier mais pas impossible. Les banques sont nettement plus prudentes sur le financement total en SCI, car la garantie hypothécaire porte sur un patrimoine détenu par la société, pas par l'emprunteur personne physique. Une SCI primo-investisseuse, sans historique, obtiendra rarement un prêt à 110 %. Une SCI familiale avec plusieurs années d'existence, des bilans positifs et des associés solvables peut négocier ce financement, surtout si les associés se portent caution.
Le notaire peut-il refuser une cession de parts mal évaluée ? +
Le notaire ne peut pas refuser un acte légal, mais il a un devoir de conseil. Si la valeur déclarée des parts est manifestement sous-évaluée par rapport à la valeur réelle des biens détenus par la SCI, l'administration fiscale dispose de trois ans pour requalifier l'opération. Le redressement applique les droits manquants, majorés de 40 % à 80 % en cas de mauvaise foi. Le notaire qui constate une sous-évaluation grossière a l'obligation de la signaler par écrit aux parties.