Le Plessis-Robinson fait partie de ces villes du sud des Hauts-de-Seine où l’image officielle et la réalité vécue ne racontent pas la même histoire. Sur le papier, tout semble aligné : quatre fleurs au concours des villes fleuries, un Grand Prix Européen de l’Urbanisme, des espaces verts sur un tiers de la superficie, et des prix au m² encore 20 à 30 % sous ceux de Boulogne ou Issy. Dans les faits, le choix du quartier change radicalement l’expérience. Un acheteur qui se fie aux moyennes communales ou aux avis dithyrambiques des forums risque de passer à côté de l’essentiel : des écarts de prix de près de 1 900 €/m² entre deux rues parallèles, une pression foncière liée à la sur-construction neuve, et des problèmes de desserte que le tramway T10 ne résout qu’en partie. Cet article classe les quartiers du Plessis sans complaisance, en fonction de ce qui compte quand on y vit, pas quand on le survole sur Google Maps. Si vous cherchez un classement des meilleurs quartiers en Île-de-France fondé sur des données et pas sur du ressenti, c’est ici que ça commence.
Pourquoi « tous les quartiers se valent » est le pire conseil qu’on puisse donner
C’est la phrase qu’on retrouve dans presque tous les avis en ligne sur Le Plessis-Robinson. Elle est fausse. Les données de prix, les profils sociologiques et les conditions de desserte varient suffisamment d’un quartier à l’autre pour que deux acheteurs au même budget vivent des réalités opposées.
L’écart réel de prix entre le Cœur de Ville et le Coteau : jusqu’à 1 900 €/m² de différence
Les données PAP et DVF dessinent un tableau sans ambiguïté. En 2025, le prix moyen d’un appartement au Cœur de Ville tourne autour de 6 500 à 6 900 €/m², porté par le neuf récent et la proximité des commerces. Au Coteau, on descend à 5 000 à 5 200 €/m² pour de l’ancien correct, parfois même sous les 4 800 € sur des lots à rafraîchir. L’écart atteint donc 1 500 à 1 900 €/m² selon les biens comparés. Sur un T3 de 65 m², ça représente entre 97 000 et 123 000 € de différence. Pas un détail. Le problème, c’est que cet écart ne reflète pas proportionnellement un écart de confort de vie. Le Coteau offre des maisons avec jardin, une ambiance résidentielle calme, et un accès au parc Henri-Sellier en quelques minutes à pied. L’acheteur qui paie le premium du Cœur de Ville paie avant tout la centralité commerciale et l’architecture néo-traditionnelle, pas nécessairement un meilleur quotidien.
Ce que la carte des prix ne dit pas : fiscalité locale, charges, et coût réel d’occupation
Le prix au m² n’est qu’une partie de l’équation. Au Plessis-Robinson, la taxe foncière est notoirement élevée pour une commune des Hauts-de-Seine. Plusieurs résidents la citent comme le premier point noir de la ville, devant les transports. Sur un bien estimé à 350 000 €, il faut compter un impôt foncier annuel qui dépasse régulièrement les 2 700 €, ordures ménagères incluses. À cela s’ajoutent les charges de copropriété dans les résidences neuves du Cœur de Ville et du quartier des Architectes, souvent plus lourdes qu’anticipé à cause des espaces communs paysagers, des rivières artificielles à entretenir et des parkings souterrains. Un acheteur qui compare le Plessis à Clamart ou Châtillon sur la seule base du prix au m² oublie cette surcharge récurrente. Pour une analyse complète du marché local, notre page dédiée à l’immobilier au Plessis-Robinson détaille les mécanismes de prix quartier par quartier.
Cœur de Ville : le quartier vitrine qui coûte cher pour ce qu’il est vraiment
Le Cœur de Ville est le quartier que la mairie met en avant dans chaque communication. C’est aussi celui qui cristallise le plus de malentendus chez les acheteurs extérieurs, qui projettent sur lui une image de centre-ville historique alors qu’il n’a que 25 ans d’existence.
L’héritage Spoerry-Bohl : une banlieue qui a détruit ses barres pour se réinventer en village provençal
Avant 1995, le centre du Plessis-Robinson n’existait pas au sens classique du terme. La ville était une banlieue d’habitation sans centralité, avec quelques bâtiments publics, deux restaurants, et un réseau de dalles en béton typique des années 70. L’arrivée de Philippe Pemezec à la mairie en 1989 a tout changé. L’architecte François Spoerry, créateur de Port-Grimaud, a dessiné un centre-ville de toutes pièces : rues piétonnes, places, commerces en rez-de-chaussée, immeubles à l’architecture néo-classique. Le premier bâtiment est sorti de terre en 1995, l’inauguration a eu lieu en décembre 2000. Après la mort de Spoerry en 1999, c’est Xavier Bohl, son héritier spirituel, qui a finalisé le projet. Le résultat est spectaculaire visuellement, mais il faut garder en tête que ce quartier est un décor urbain pensé comme tel, pas une ville qui s’est construite organiquement sur des siècles.
Le revers du décor : stationnement saturé, commerces sous perfusion et turnover locatif élevé
Le Cœur de Ville concentre l’essentiel de l’activité commerciale du Plessis. C’est un atout indéniable pour les résidents. Mais la densité de fréquentation crée des tensions quotidiennes. Le stationnement est le problème numéro un cité par les habitants : les parkings publics sont saturés dès le samedi matin, et les places en surface sont insuffisantes pour absorber le flux du marché (trois matinées par semaine). Les commerces, bien que nombreux, subissent un turnover visible. L’offre reste orientée services et restauration rapide ; plusieurs résidents regrettent l’absence de commerces de bouche diversifiés et d’enseignes d’habillement. Sur le plan locatif, la forte proportion de locataires (56 % dans le quartier selon les données INSEE) signifie un renouvellement fréquent des occupants, ce qui fragilise la vie de quartier à long terme. Le Cœur de Ville fonctionne davantage comme une zone de transit résidentiel que comme un quartier d’enracinement.
Pour qui le Cœur de Ville reste malgré tout un bon choix (et pour qui c’est un piège)
Le Cœur de Ville convient à un profil précis : jeune actif ou couple sans enfant en bas âge, locataire ou primo-accédant cherchant un T2/T3 récent avec commerces au pied de l’immeuble et accès bus vers le RER B. Pour ce profil, la qualité architecturale et l’animation de la Grand’Place justifient le premium. En revanche, pour une famille avec deux enfants qui cherche de l’espace, un jardin, ou simplement du calme le week-end, le Cœur de Ville est un mauvais calcul. Le budget nécessaire pour un T4 correct (autour de 450 000 à 500 000 €) permettrait d’acheter une maison avec jardin au Coteau ou à la Maison Blanche, avec un cadre de vie objectivement plus adapté. Le piège classique : acheter au Cœur de Ville par réflexe « centre-ville », sans avoir visité les quartiers résidentiels périphériques qui offrent davantage de surface pour moins cher.
Cité-jardin : le quartier le plus atypique d’Île-de-France, entre patrimoine et reconstruction contestée
La cité-jardin du Plessis-Robinson est un cas unique en région parisienne. Deux époques coexistent sur quelques centaines de mètres : des immeubles Art Déco des années 1920 classés au titre des Sites, et une reconstruction néo-traditionnelle des années 2000 qui a effacé la cité haute originelle. Pour approfondir l’histoire et les spécificités de ce secteur, consultez notre guide complet sur la cité-jardin du Plessis-Robinson.
Cité basse 1924 vs nouvelle cité-jardin 2008 : deux philosophies de ville qui cohabitent sur 500 mètres
La cité basse, construite entre 1924 et 1926 par l’architecte Maurice Payret-Dortail, est l’ADN historique du Plessis. 217 logements le long de l’avenue de la République, dans un style Art Déco sobre : bâtiments cubiques, toits-terrasses, corniches sculptées, jardins familiaux. L’ensemble est protégé au titre des Sites depuis 1986. À quelques rues de là, la nouvelle cité-jardin, livrée en 2008 par Xavier Bohl, propose 1 200 logements dans un style radicalement différent : toitures à forte pente, ardoise, meulière, façades irrégulières volontairement « pittoresques ». Le tout est structuré autour d’une rivière artificielle alimentée par les eaux pluviales. Ce quartier a reçu le Grand Prix Européen de l’Urbanisme en 2012. L’écart esthétique entre les deux ensembles est frappant quand on marche de l’un à l’autre. On passe d’un modernisme fonctionnel assumé à un néo-régionalisme qui imite délibérément la banlieue d’avant-guerre, comme si la ville cherchait à remonter le temps.
Pourquoi la destruction de la cité haute reste un sujet brûlant trente ans après
La reconstruction de la cité haute a impliqué la démolition de 1 260 logements sociaux des années 1930, au nom de problèmes structurels et de salubrité. La municipalité a obtenu cette démolition malgré la protection au titre des Sites, après un bras de fer avec l’architecte en chef des Bâtiments de France de l’époque, Joseph Belmont, moderniste convaincu qui s’opposait à une reconstruction néo-traditionnelle. Le compromis a donné lieu à un concours entre cabinets modernistes pour les premières phases, avant que Xavier Bohl ne prenne la main sur les phases suivantes avec son vocabulaire architectural classique. Pour les défenseurs du patrimoine, cette opération reste un précédent problématique : on a détruit du logement social historique pour construire du logement mixte (dont seulement 250 unités sociales sur 1 300) avec une architecture pastiche. Pour la mairie, c’est la preuve qu’on peut recréer une urbanité de qualité en banlieue parisienne. Le débat n’est pas tranché, et il influence encore le regard que certains acheteurs portent sur ce quartier.
Vivre en cité-jardin aujourd’hui : le vrai profil des acheteurs et les pièges à éviter
La nouvelle cité-jardin attire principalement des familles avec enfants en bas âge et des retraités cherchant un cadre calme et verdoyant. Les prix s’y situent dans la fourchette haute de la ville, entre 5 500 et 6 200 €/m², portés par la qualité architecturale et les espaces verts intégrés. Le piège principal concerne les charges de copropriété. L’entretien de la rivière artificielle, des jardins paysagers et des espaces communs génère des charges supérieures de 15 à 25 % à celles d’une résidence classique du même standing. L’autre point d’attention est l’absence de commerce de proximité au sein même du quartier : il faut marcher jusqu’au Cœur de Ville ou prendre la voiture pour faire ses courses. Les ateliers d’artistes présents dans la cité basse originelle apportent un cachet culturel réel, mais ne constituent pas une infrastructure du quotidien.
Quartier des Architectes : le pari urbanistique le plus ambitieux du sud 92
Le quartier des Architectes est le dernier-né de la stratégie de reconstruction du Plessis-Robinson. Positionné dans le prolongement de la cité-jardin, il n’est pas encore un quartier au sens plein du terme, mais plutôt un programme immobilier en cours de livraison. Notre analyse détaillée du quartier des Architectes couvre les spécificités de chaque tranche.
Scènes 1, 2, 3 : décryptage d’un quartier livré par tranches qui n’est pas encore un quartier
Le quartier des Architectes se décline en trois phases baptisées « Scènes », chacune portant le nom d’un architecte historique : Claude-Nicolas Ledoux (Scène 1), Charles Percier (Scène 2), Ange-Jacques Gabriel (Scène 3). Chaque scène propose des appartements du studio au 5 pièces, avec une architecture néo-traditionnelle dans la continuité de Xavier Bohl : pierre marbrière dans les halls, ardoise naturelle en toiture, garde-corps métalliques travaillés. Le problème d’un quartier livré par tranches, c’est qu’il n’offre pas immédiatement l’environnement promis. Les premiers occupants de la Scène 1 ont vécu plusieurs années face à des chantiers. Les commerces de proximité et le marché couvert annoncés dans les plaquettes ne se remplissent que progressivement. Acheter sur plan ici, c’est parier sur la ville dans trois à cinq ans, pas sur le quartier tel qu’il existe au moment de la signature.
L’effet Noveos et l’Îlot du Ponant : 700 logements de plus sur un ancien parc d’activités
L’Îlot du Ponant est le projet qui transforme l’ancien parc d’activités Noveos, situé à dix minutes à pied du centre-ville et de la forêt de Verrières, en un quartier mixte de 700 logements avec commerces, plan d’eau de 3 900 m², crèche et groupe scolaire. La livraison des premiers programmes était prévue fin 2025, avec un nouveau lycée à l’horizon 2027. L’ambition est réelle : architecture inspirée de Venise, cheminements doux, espaces verts généreux. Mais l’ajout de 700 logements sur un périmètre restreint pose une question que les promoteurs ne mettent pas en avant : l’impact sur l’offre globale. Le Plessis-Robinson comptait environ 14 000 logements en 2021. Ajouter 700 unités, c’est gonfler le parc de 5 % sur un seul secteur, ce qui exerce une pression à la baisse sur les prix de l’ancien dans les quartiers limitrophes.
Le T10 change-t-il vraiment la donne ou vend-on du rêve aux primo-accédants ?
Le tramway T10, qui relie Antony à Clamart avec connexion au RER B, est l’argument massue des promoteurs dans le secteur des Architectes et de Noveos. Concrètement, la connexion au RER B depuis le T10 met Paris Châtelet-les-Halles à environ 45 minutes avec correspondance. C’est correct pour une banlieue sud, mais ce n’est pas le game changer que les plaquettes suggèrent. Le T10 ne dessert qu’une partie de la ville. Les quartiers du Coteau, de la Maison Blanche et de Moulin Fidel restent dépendants du bus, avec des fréquences perfectibles en heures creuses. L’extension des lignes de métro 4 et 8 vers le Plessis, évoquée par certains élus, reste à ce stade un projet sans calendrier ferme. Pour un primo-accédant qui travaille dans Paris intra-muros et n’a pas de voiture, le T10 améliore la situation mais ne la résout pas. Le Plessis reste une ville pensée pour l’automobile.
Le Coteau et la Maison Blanche : les quartiers pavillonnaires qu’on sous-estime
Ces deux quartiers n’apparaissent presque jamais en tête des classements en ligne. Ils méritent pourtant une attention sérieuse, surtout pour les familles qui acceptent de troquer la centralité contre la surface habitable et le calme.
Des prix au m² 15 à 20 % inférieurs au Cœur de Ville, pour un cadre de vie parfois supérieur
Au Coteau, les maisons avec jardin côtoient des immeubles à taille humaine dans une ambiance qui rappelle davantage un village résidentiel qu’une banlieue dense. Les prix oscillent entre 4 800 et 5 500 €/m², ce qui représente un écart de 15 à 20 % avec le Cœur de Ville. La Maison Blanche pousse la logique encore plus loin : c’est le quartier le mieux noté par ses propres habitants en matière de sécurité, de tranquillité et de facilité de stationnement. Les patrouilles de la police municipale y sont régulières, la communauté est active, et le sentiment de sécurité est décrit comme supérieur à celui du centre-ville. Pour une famille qui cherche un premier achat avec du potentiel de plus-value modéré mais stable, le Coteau offre un meilleur ratio surface/prix que n’importe quel autre secteur de la ville.
L’arbitrage voiture vs transports : la réalité quotidienne quand on vit loin du tramway
C’est le vrai sujet. Le Coteau et la Maison Blanche sont mal desservis par les transports en commun. Les lignes de bus 290 et 395 assurent le lien avec le RER B et les communes voisines, mais avec des temps de trajet et des fréquences qui rendent la voiture quasi indispensable pour un actif travaillant à Paris. La politique municipale est d’ailleurs ouvertement pro-voiture, ce que certains résidents pointent comme une contradiction avec le discours écologique affiché. Le stationnement est nettement plus facile qu’au Cœur de Ville, mais il faut accepter de dépendre d’un véhicule pour les courses alimentaires, les activités des enfants et les déplacements professionnels. Pour un télétravailleur ou un indépendant, ce n’est pas un problème. Pour un salarié qui prend le RER chaque matin, c’est un facteur décisif qu’il vaut mieux tester avant d’acheter.
Moulin Fidel et Petite Garenne : les micro-quartiers invisibles des classements
Ces deux secteurs sont rarement mentionnés dans les guides immobiliers. Ils n’ont ni l’éclat architectural du Cœur de Ville, ni la notoriété patrimoniale de la cité-jardin. C’est précisément ce qui les rend intéressants pour certains profils.
Pourquoi les agents immobiliers ne les mentionnent jamais (et pourquoi c’est une erreur)
Moulin Fidel tire son nom de la villa construite en 1925 par Albert Laprade pour le Docteur Boucard, un bâtiment qui mêle modernisme et orientalisme. Le quartier offre une ambiance apaisée avec un bon accès au stationnement et une densité faible. La Petite Garenne, de son côté, est décrite par ses habitants comme un « havre de paix » avec des commerces de proximité (boulangerie, épicerie, cafés) qui animent discrètement le quotidien sans la saturation du Cœur de Ville. Les agents immobiliers ne mettent pas en avant ces quartiers parce que les marges y sont plus faibles : les biens sont souvent de l’ancien à rénover, les prix sont dans la tranche basse de la ville (4 500 à 5 200 €/m²), et le storytelling est moins vendeur qu’un « quartier primé au concours européen d’urbanisme ». Pour l’acheteur averti, c’est exactement ce qui crée l’opportunité.
Le seul secteur du Plessis où l’on trouve encore du foncier constructible à prix raisonnable
Le Plessis-Robinson est une commune dense où le foncier disponible se raréfie. La plupart des projets neufs se concentrent sur les zones de renouvellement urbain (Noveos, quartier des Architectes). Dans les secteurs de Moulin Fidel et de la Petite Garenne, il subsiste des parcelles individuelles, des maisons divisibles ou des terrains attenants à des pavillons qui permettent encore des opérations de division parcellaire ou de construction individuelle. Ces opportunités sont invisibles sur les portails d’annonces classiques et ne circulent souvent que par le bouche-à-oreille local ou via les notaires du secteur. Pour un investisseur patient qui connaît le PLU de la commune et les règles de densification en zone UB, ces micro-quartiers représentent le dernier levier de création de valeur foncière sur Le Plessis sans passer par un promoteur.
Ce qu’aucun classement ne vous dira : les cinq vrais critères pour choisir son quartier au Plessis
Les classements en ligne se limitent presque tous à trois variables : prix, sécurité, espaces verts. Ces critères sont nécessaires mais insuffisants. Ce qui fait la différence au quotidien se joue sur des paramètres que personne ne synthétise.
Taxe foncière élevée, transports en commun insuffisants, sur-construction neuve : les angles morts
Trois réalités que les brochures municipales et les guides immobiliers contournent systématiquement. Premièrement, la taxe foncière au Plessis-Robinson est significativement plus élevée que la moyenne des Hauts-de-Seine, malgré l’image haut de gamme de la ville. C’est le prix de la politique d’embellissement et d’équipement menée depuis trente ans. Deuxièmement, les transports en commun restent le point faible structurel de la ville. En dehors du corridor desservi par le T10, le maillage repose sur des lignes de bus dont la fiabilité varie. L’absence de métro place Le Plessis en retrait par rapport à des communes voisines comme Châtillon ou Bagneux qui bénéficient de la ligne 13 ou du prolongement de la ligne 4. Troisièmement, le rythme de construction neuve (quartier des Architectes, Noveos, programmes ponctuels) injecte un volume de logements qui pourrait peser sur la valorisation du parc existant à moyen terme.
Acheter dans le neuf au Plessis en 2026 : le risque de dilution que personne ne chiffre
Les projections de marché pour 2026 tablent sur une stabilisation des prix avec une hausse modeste de 2 à 3 %. Mais ce chiffre communal masque une dynamique interne plus contrastée. Les programmes neufs dans le quartier des Architectes et sur l’Îlot du Ponant arrivent sur un marché où les volumes de transactions ont chuté de 65 % en deux ans (134 biens vendus en 2024 contre environ 385 deux ans plus tôt, selon les données Orpi). Quand l’offre neuve augmente et la demande se contracte, les prix de l’ancien souffrent en premier. Un acheteur qui paie 5 600 à 6 500 €/m² dans le neuf en 2026 doit accepter que la revente dans cinq ans pourrait se faire dans un contexte où l’offre locale sera significativement plus abondante. Ce n’est pas un scénario catastrophe, mais c’est un risque de moins-value relative que les promoteurs ne documentent évidemment pas.
Le seul scénario où le Plessis-Robinson est un mauvais choix (et les profils pour qui c’est idéal)
Le Plessis-Robinson est un mauvais choix si vous cumulez trois contraintes : travail quotidien dans Paris intra-muros sans voiture, budget serré qui vous oblige à acheter en limite de ville, et besoin de commerces diversifiés à pied. Dans ce cas, Clamart, Châtillon ou Bagneux offrent une meilleure desserte transport pour un budget équivalent ou inférieur. En revanche, le Plessis est idéal pour les familles motorisées avec un ou deux télétravailleurs, qui cherchent un cadre vert, sûr, et architecturalement soigné à moins de 10 km de Paris. C’est aussi un choix pertinent pour les investisseurs locatifs qui ciblent le neuf en Pinel ou le meublé sur des T1/T2 près du T10, à condition de ne pas surpayer l’entrée. Et c’est un excellent terrain pour les acheteurs-rénovateurs qui visent les quartiers pavillonnaires (Coteau, Moulin Fidel) où le prix de l’ancien brut reste accessible et le potentiel de valorisation post-travaux est réel.
Questions fréquentes
Le Plessis-Robinson est-il adapté pour un investissement locatif en 2026 ?
Le rendement locatif brut au Plessis tourne autour de 3,5 à 4,2 % selon le quartier et le type de bien, ce qui le place dans la moyenne basse des Hauts-de-Seine. L’intérêt réside davantage dans la stabilité locative que dans le rendement pur. Les T1 et T2 proches du tramway T10 trouvent preneur rapidement grâce à la demande des jeunes actifs. Les grandes surfaces (T4 et plus) se louent plus difficilement et subissent une vacance locative plus longue. Pour un investisseur, le neuf en quartier des Architectes offre des avantages fiscaux (Pinel, TVA réduite en zone ANRU) mais avec un prix d’entrée élevé qui comprime le rendement. L’ancien à rénover au Coteau ou à Moulin Fidel peut offrir un meilleur couple rendement/valorisation, à condition de maîtriser le budget travaux.
Quels sont les établissements scolaires et leur niveau au Plessis-Robinson ?
La ville dispose d’un maillage scolaire complet : plusieurs écoles maternelles et primaires réparties sur l’ensemble des quartiers, le collège Claude-Nicolas Ledoux dans le secteur des Architectes, et le lycée Montesquieu accessible en 15 minutes par le bus 395. Un nouveau lycée est prévu à l’horizon 2027 dans le périmètre de Noveos. Les avis des résidents sur le niveau scolaire sont mitigés : si les infrastructures sont modernes et bien entretenues, plusieurs habitants signalent que le niveau éducatif gagnerait à être renforcé, notamment au collège. La présence d’établissements privés à Châtenay-Malabry et Antony offre une alternative que de nombreuses familles du Plessis utilisent, surtout à partir du secondaire.
Comment se déplacer au quotidien sans voiture depuis le Plessis-Robinson ?
C’est faisable mais contraignant. Le tramway T10 relie le secteur Noveos/Architectes à Antony (RER B) et Clamart (T6 vers Paris). Le trajet jusqu’à Châtelet prend environ 45 minutes avec correspondance. En dehors de ce corridor, la desserte repose sur les bus 290, 395 et 195, avec des fréquences de 10 à 20 minutes en heure de pointe et nettement plus espacées le soir et le week-end. Le vélo est une option crédible pour rejoindre les gares RER de Sceaux ou Robinson, mais les dénivelés rendent le trajet physique sans assistance électrique. Concrètement, un ménage sans voiture devra concentrer sa recherche sur le Cœur de Ville ou le quartier des Architectes pour limiter la dépendance aux bus.
Le Plessis-Robinson est-il exposé aux nuisances sonores (bruit aérien, circulation) ?
Le Cœur de Ville est concerné par la proximité de l’hélistation du Plessis-Robinson, située à environ 400 mètres. Le trafic aérien génère des nuisances ponctuelles que les résidents mentionnent régulièrement dans les enquêtes de satisfaction. Sur le plan routier, les quartiers traversés par la D2 et les axes de liaison vers l’A86 subissent un trafic plus dense aux heures de pointe. Les quartiers les plus préservés du bruit sont la Maison Blanche, Moulin Fidel et la Petite Garenne, en retrait des axes principaux. La nouvelle cité-jardin bénéficie d’une isolation phonique de bonne facture (NRA) et de l’effet tampon des espaces verts intérieurs, mais les logements donnant sur l’avenue de la République restent exposés au bruit de circulation.
Quelle est la différence entre la cité-jardin historique et la nouvelle cité-jardin ?
La cité-jardin historique (cité basse) date de 1924-1926 et présente une architecture Art Déco avec des bâtiments cubiques, des toits-terrasses et des jardins familiaux. Elle est protégée au titre des Sites depuis 1986 et n’a pas été modifiée. La nouvelle cité-jardin, livrée en 2008, a remplacé la cité haute (années 1930) qui a été intégralement démolie. Son architecture néo-régionaliste signée Xavier Bohl s’inspire volontairement des banlieues résidentielles d’avant-guerre : toitures pentues, ardoise, meulière, façades variées. Les deux ensembles n’ont en commun que le nom et la localisation. Le prix au m² dans la nouvelle cité-jardin est sensiblement plus élevé que dans la cité basse, où les logements sont plus anciens et souvent plus petits. Pour un panorama complet de ce quartier singulier, notre page sur la cité-jardin du Plessis-Robinson détaille les atouts et limites de chaque secteur.