Neuilly-sur-Seine figure dans tous les classements des communes les plus prisées d’Île-de-France. Et à raison : cadre soigné, ligne 1 du métro, taux de chômage à 3,1 %, bois de Boulogne en bordure. Sauf que derrière cette carte postale, le choix du quartier n’a rien d’évident. Un appartement boulevard Maurice-Barrès peut se négocier à 14 000 €/m² pendant qu’un bien sans extérieur à cinq minutes à pied tombe sous les 8 000 €/m². L’écart dépasse 40 %. Ce que la plupart des guides oublient de dire, c’est que Neuilly ne se résume pas à « c’est cher, c’est beau, c’est calme ». Chaque quartier obéit à sa propre logique de prix, de profil d’acheteur et de risque patrimonial. Cet article détaille les vrais arbitrages selon que vous cherchiez à vivre en famille, investir ou revendre dans cinq ans.
Neuilly n’est pas un bloc homogène — et c’est ce qui change tout
La moyenne au mètre carré de Neuilly (10 450 € début 2026) masque une réalité fracturée. D’un trottoir à l’autre, le prix, l’ambiance et le profil des résidents changent radicalement. Comprendre ces micro-frontières est le seul moyen de ne pas surpayer ou passer à côté d’un secteur porteur.
40 % d’écart de prix entre deux adresses séparées de 300 mètres
Ce chiffre n’est pas une exagération de marketing. Les données DVF et les estimations MeilleursAgents le confirment : un dernier étage avec terrasse côté bois sur le boulevard Maurice-Barrès franchit régulièrement les 14 000 €/m², quand un rez-de-chaussée sur cour sans ascenseur dans une rue perpendiculaire peut descendre sous 8 000 €/m². La variable déterminante n’est pas le quartier au sens administratif, mais la micro-localisation : étage, vue, présence d’un extérieur, qualité des parties communes et proximité d’un axe passant ou d’une école cotée. Les agents immobiliers locaux le savent, mais les portails d’annonces moyennent tout et effacent ces disparités. Si vous comparez des prix au m² « quartier par quartier » sans regarder la rue exacte, vous raisonnez sur un mirage. Pour visualiser ces disparités, consultez notre carte détaillée des quartiers de Neuilly-sur-Seine.
La carte mentale des Neuilléens vs celle des agents immobiliers
Demandez à un habitant de Neuilly de vous décrire les quartiers : il raisonnera en termes de « côté bois », « côté Seine », « près de la mairie » ou « au-dessus de l’avenue Charles-de-Gaulle ». Un agent immobilier, lui, parlera de Sablons, Saint-James, Charles Laffitte, Bagatelle. Ces deux grilles ne se superposent pas toujours. Le « quartier des Sablons » dans la bouche d’un commercial peut déborder largement au-delà de la station de métro. Le secteur « Bagatelle » englobe des réalités immobilières très différentes selon qu’on se situe côté parc ou côté avenue du Roule. Cette confusion des périmètres est un levier classique pour gonfler un prix en associant un bien moyen à un nom de quartier prestigieux. Le réflexe à adopter : ne jamais acheter un « quartier », toujours acheter une adresse.
Pourquoi « quartier calme et résidentiel » ne veut rien dire ici — ils le sont tous
La quasi-totalité des descriptions immobilières à Neuilly utilisent les mêmes qualificatifs : calme, résidentiel, arboré, familial. Le problème, c’est que la ville entière correspond à cette description. Avec un taux de chômage trois fois inférieur à la moyenne nationale, un revenu médian par ménage qui dépasse 58 000 € par an et un parc de logements composé à 97 % d’appartements dans des immeubles bien entretenus, le calme est la norme, pas l’exception. Du coup, quand un agent vous vend le « calme résidentiel » d’un quartier, il ne vous dit rien de distinctif. Ce qui différencie réellement les secteurs, c’est l’accès piéton aux commerces, la sectorisation scolaire, l’exposition à la nuisance nocturne du bois de Boulogne et le profil dominant des copropriétés (propriétaires occupants vs investisseurs). Le reste est du remplissage.
Ce que chaque quartier vaut vraiment selon votre profil
L’erreur la plus fréquente consiste à classer les quartiers de Neuilly du « meilleur » au « moins bon ». Aucun n’est objectivement mauvais. Mais chacun répond à un profil précis d’acheteur, et ce que vous gagnez à un endroit, vous le perdez ailleurs.
Sablons — le seul quartier qui résiste à toutes les baisses, et pourquoi
Quand le marché francilien recule, Sablons tient. Ce n’est pas une question de prestige mais de structure fonctionnelle : le quartier concentre la station de métro la plus centrale (ligne 1), les commerces de bouche les plus fournis de la ville, l’axe avenue Charles-de-Gaulle et une densité d’écoles réputées dans un rayon de 800 mètres. Cette combinaison crée un plancher de demande que les autres quartiers n’ont pas. Un cadre supérieur muté à Paris qui dispose de six semaines pour se loger atterrit mécaniquement aux Sablons, parce que c’est le seul secteur où tout est accessible à pied sans voiture. Le prix moyen y oscille entre 10 500 et 12 000 €/m² selon la rue, et les délais de vente restent sous les 45 jours même en période creuse. Contrepartie directe : vous payez cette liquidité. La marge de négociation est quasi nulle sur les biens bien situés.
Saint-James — le prestige silencieux qui se paie aussi en isolement commercial
Saint-James occupe l’ouest de Neuilly, adossé au bois de Boulogne et au parc de Bagatelle. C’est le secteur le plus cher de la ville pour les maisons et hôtels particuliers, avec des transactions qui peuvent dépasser 16 000 €/m² sur les adresses les plus cotées. Le profil type est une famille installée depuis longtemps, propriétaire, qui ne revend que pour succession ou expatriation. Ce marché tourne au ralenti, ce qui fait grimper les prix mais complique les acquisitions. Le revers que personne ne mentionne : Saint-James est un désert commercial. Pas de boulangerie à 200 mètres, peu de restaurants, aucune vie de quartier au sens urbain du terme. Pour faire ses courses, il faut descendre vers les Sablons ou prendre la voiture. Pour les familles avec adolescents, cet isolement peut devenir un frein concret. Notre guide complet du quartier Saint-James détaille ces arbitrages en profondeur.
Île de la Jatte — l’adresse coup de cœur qui pose des problèmes concrets au quotidien
L’île de la Jatte séduit immédiatement : ambiance insulaire, berges aménagées, restaurants avec terrasse sur la Seine, architecture contemporaine mêlée à des maisons anciennes. Les photos font rêver et les agences en jouent. Ce qu’elles omettent : l’île est reliée à Neuilly par deux ponts. Aux heures de pointe, la sortie se complique, surtout vers La Défense. Il n’y a aucune station de métro sur l’île. L’offre commerciale se limite à quelques restaurants, pas de supermarché, pas de pharmacie de garde. L’inondabilité de certaines parcelles basses pose un risque assurantiel réel et peut renchérir les primes. Le prix au m² reste élevé (10 000 à 12 000 €) mais la revente prend plus de temps que dans les quartiers centraux, car le profil d’acheteur est très spécifique : il faut trouver quelqu’un qui veut le charme de l’île ET accepte ses contraintes logistiques. Ceux qui la comparent à un « village dans la ville » oublient qu’un village sans commerces, c’est surtout un hameau.
Charles Laffitte — le quartier que les expatriés choisissent sans savoir ce qu’ils achètent
Charles Laffitte affiche les prix parmi les plus élevés de Neuilly : 12 000 €/m² en moyenne, tirés par le boulevard du même nom et les rues adjacentes côté parc de Bagatelle. Le quartier attire massivement les expatriés et les cadres dirigeants via les agences de relocation, qui le présentent comme « le cœur raffiné de Neuilly ». Ce qu’ils ne mesurent pas toujours : la forte proportion de biens détenus par des investisseurs non-résidents crée un turnover locatif plus élevé que dans les quartiers voisins. Les assemblées de copropriété sont plus difficiles à réunir, les décisions de travaux traînent, et l’entretien des parties communes peut s’en ressentir sur le long terme. Par ailleurs, certaines rues de Charles Laffitte sont proches d’axes de transit automobile (avenue du Roule), ce qui casse l’image bourgeoise du secteur dès qu’on ouvre la fenêtre. Vérifiez l’exposition sonore avant de signer. Pour comprendre comment se positionnent les quartiers riches de Neuilly-sur-Seine les uns par rapport aux autres, la nuance entre prestige d’adresse et confort réel est essentielle.
Bagatelle–Bois de Boulogne — la vue qui vaut 2 000 €/m² de plus et le revers nocturne
Le boulevard Maillot et le boulevard Maurice-Barrès longent le bois de Boulogne et offrent des vues dégagées qu’aucun autre quartier de Neuilly ne peut rivaliser. Cette vue se monnaie : un appartement avec balcon sur le bois commande un surprix de 1 500 à 2 500 €/m² par rapport à un bien comparable orienté côté rue. Les acheteurs étrangers et les familles avec enfants en bas âge s’y projettent facilement. Le revers est connu des habitants mais rarement mentionné dans les annonces : les abords du bois de Boulogne sont le théâtre d’activités nocturnes indésirables (prostitution, véhicules en maraude). Ce phénomène concerne surtout les contre-allées et les lisières boisées, pas les boulevards eux-mêmes, mais il suffit à dégrader le sentiment de sécurité en soirée, en particulier pour les résidents du rez-de-chaussée. La police municipale de Neuilly patrouille régulièrement, mais le problème est structurellement lié à la géographie du bois et n’a jamais été totalement résolu.
Pont de Neuilly — coincé entre La Défense et la Seine, pour qui c’est un atout réel
Le secteur Pont de Neuilly est le moins « neuilléen » de la ville. L’ambiance y est plus urbaine, plus dense, avec des immeubles des années 1970-1980 qui côtoient des programmes neufs. Le métro Pont de Neuilly (ligne 1) offre un accès direct à La Défense en 3 minutes et à Châtelet en 15. Pour un jeune actif ou un investisseur en meublé visant la clientèle corporate, c’est le seul quartier de Neuilly où le rendement locatif approche les 4 % grâce à des prix d’acquisition plus bas (9 000 à 10 500 €/m²) et une demande locative soutenue par les salariés de La Défense. En revanche, si vous cherchez le cachet haussmannien et la vie de quartier bourgeoise, passez votre chemin. Le standing des copropriétés est très hétérogène, et certaines résidences accusent un retard significatif en rénovation énergétique.
Le vrai critère que personne ne met en premier : la sectorisation scolaire
Quand on interroge les familles qui ont acheté à Neuilly, le motif numéro un n’est ni le bois de Boulogne ni la ligne 1. C’est l’école. La sectorisation scolaire est le facteur de prix le plus sous-estimé dans les analyses immobilières classiques de cette commune.
Comment une carte scolaire fait varier un prix de 15 % à surface égale
À Neuilly, deux appartements identiques en surface, étage et état peuvent afficher un écart de 10 à 15 % si l’un dépend d’un collège public réputé et l’autre non. Ce mécanisme est documenté par les notaires mais rarement quantifié dans les articles grand public. La sectorisation publique (carte scolaire) détermine dans quel collège votre enfant sera inscrit, et certains établissements de Neuilly affichent des résultats nettement supérieurs à la moyenne départementale. Les familles qui connaissent le système ciblent en priorité les rues rattachées aux bons secteurs, créant une pression localisée sur les prix que les investisseurs purs ne perçoivent pas.
Sainte-Croix, Saint-Dominique, Marymount : les établissements qui déplacent les familles
Le privé complique encore l’équation. Sainte-Croix de Neuilly (collège et lycée) est l’un des établissements les plus demandés de l’ouest parisien, avec des listes d’attente de plusieurs années. Saint-Dominique attire une clientèle similaire. Marymount International School capte les familles d’expatriés anglophones avec un cursus bilingue et un réseau international. La proximité de ces établissements crée des micro-zones de surdemande immobilière, indépendamment de la qualité intrinsèque du quartier. Un appartement moyen situé à 400 mètres de Sainte-Croix se vend plus vite et plus cher qu’un bien supérieur en prestations mais éloigné de 1,5 km. Ce filtre « école » est invisible sur les portails immobiliers mais omniprésent dans les décisions d’achat des familles CSP+ qui représentent le cœur de la demande neuilléenne.
Le piège du quartier « bien situé » mais dans le mauvais secteur scolaire
Un acheteur non averti peut tomber amoureux d’un appartement côté bois, rénové, lumineux, à un prix qui semble cohérent. Puis découvrir après signature que l’adresse dépend d’un collège public moins coté, et que l’inscription à Sainte-Croix nécessite un dossier déposé trois ans en avance. Ce décalage entre la perception du quartier et la réalité scolaire piège régulièrement les acheteurs venus d’autres régions ou de l’étranger. Le réflexe à avoir : vérifier la sectorisation scolaire avant même la première visite, en croisant l’adresse exacte avec la carte des secteurs de la mairie. Ce contrôle prend cinq minutes et peut éviter une erreur à six chiffres.
Neuilly plus chère que Paris — ce que ça implique pour un acheteur en 2026
Depuis plusieurs trimestres, le prix moyen au m² à Neuilly dépasse celui de Paris. Ce renversement n’est pas anecdotique : il change la grille de lecture patrimoniale pour tout acheteur qui hésite entre les deux rives du périphérique.
97 % d’appartements : l’illusion du choix et la guerre des grandes surfaces
Le parc immobilier de Neuilly est écrasé par les appartements : 97 % du stock. Les maisons représentent une fraction infime, concentrée à Saint-James et dans quelques impasses privées. Conséquence directe : la concurrence entre acheteurs se joue presque exclusivement sur les grands appartements familiaux (4 pièces et plus), qui sont le format le plus recherché et le moins disponible. Les T1 et T2, eux, trouvent preneur via les investisseurs ou les pied-à-terre. Mais les T4-T5 en bon état, bien exposés et dans le bon secteur scolaire, déclenchent des surenchères régulières avec des biens qui partent en moins de 30 jours. Si vous ciblez ce segment, préparez votre dossier de financement avant de visiter. Une offre formulée 48 heures trop tard suffit à perdre un bien.
Le DPE comme bombe à retardement dans un parc haussmannien vieillissant
Neuilly regorge d’immeubles de caractère construits entre 1880 et 1940. Beaux volumes, moulures, parquet massif. Mais ces bâtiments anciens affichent souvent un DPE classé E, F ou G, ce qui les place dans la catégorie des passoires thermiques. En 2025, la décote moyenne constatée pour un logement classé F ou G atteint 15 % par rapport à un bien classé D, selon les Notaires de France. Sur un marché à 10 000 €/m², cette décote représente plusieurs centaines de milliers d’euros pour un appartement familial. Le piège est double : non seulement le bien vaut moins à l’achat, mais les travaux de rénovation énergétique en copropriété haussmannienne (isolation par l’intérieur, remplacement des fenêtres en façade classée) sont longs, coûteux et politiquement difficiles à voter en AG. Les acquéreurs malins utilisent le DPE comme levier de négociation. Les vendeurs mal conseillés sous-estiment l’impact réel sur la valeur de revente à 5 ans.
Marché off-market : pourquoi les meilleurs biens n’apparaissent jamais en ligne
À Neuilly, les biens les plus recherchés (maisons, grands appartements rénovés avec vue, hôtels particuliers) circulent souvent en dehors des portails d’annonces classiques. Les propriétaires de ces biens privilégient la discrétion : pas de photos en ligne, pas de visites ouvertes, transactions gérées par des agences ultra-spécialisées via leur carnet d’adresses. Ce marché off-market représente une part significative des ventes dans les secteurs premium (Saint-James, Charles Laffitte, boulevard Barrès). Pour y accéder, il faut être identifié comme acheteur sérieux auprès de deux ou trois agences locales, avec un financement déjà validé. Les alertes SeLoger ou LeBonCoin ne suffisent pas. Ce fonctionnement en circuit fermé avantage les acheteurs déjà installés à Neuilly ou ceux qui passent par les réseaux de relocation haut de gamme.
Investir à Neuilly-sur-Seine — le calcul que personne ne fait honnêtement
Neuilly attire les investisseurs par réflexe : ville riche, demande constante, zéro risque perçu. Mais « zéro risque » ne signifie pas « bon investissement ». Les chiffres racontent une histoire plus nuancée que le discours des agences.
3,7 % de rendement brut : la rentabilité sacrifiée au profit de la plus-value patrimoniale
Le rendement locatif brut moyen à Neuilly tourne autour de 3,7 % avec des loyers moyens à 33 €/m² pour les appartements. Une fois déduites les charges de copropriété (souvent élevées dans les immeubles de standing), la taxe foncière, les frais de gestion et la fiscalité, le rendement net descend fréquemment sous les 2 %. Ce niveau est inférieur à ce que proposent des communes voisines comme Levallois-Perret ou Colombes, où le ticket d’entrée est plus bas et le rendement brut peut atteindre 5 à 6 %. L’acheteur qui investit à Neuilly ne mise pas sur le cash-flow mensuel mais sur la plus-value patrimoniale à long terme (+21,5 % sur 7 ans en moyenne). C’est un placement de capitalisation, pas de revenus. Si votre objectif est de dégager un flux de trésorerie positif, Neuilly n’est pas le bon choix.
Neuf à +9 % vs ancien à -2 % — deux marchés qui divergent dans la même ville
Le marché immobilier de Neuilly ne suit pas une tendance unique. En 2025, le neuf a progressé de +9 % pour atteindre environ 12 850 €/m², tandis que l’ancien a reculé de -2 % à environ 11 220 €/m². Cette divergence s’explique par la pression réglementaire sur la performance énergétique (le neuf est livré en classe A ou B, l’ancien traîne souvent un DPE défavorable) et par la rareté des programmes neufs à Neuilly, où le PLU limite fortement les constructions nouvelles. Pour un investisseur, cette divergence crée un arbitrage clair : l’ancien offre un point d’entrée plus bas mais expose au risque DPE, le neuf sécurise la valeur mais comprime davantage le rendement. Le bon calcul dépend de l’horizon de détention. Sur 5 ans, le neuf protège mieux. Sur 10 ans, un ancien bien rénové dans un quartier central peut rattraper et dépasser.
Le profil type qui gagne à acheter ici (et celui qui devrait regarder Levallois)
Neuilly est pertinent pour trois profils : la famille CSP+ qui y vivra au moins 8 ans et amortira les frais d’acquisition, le dirigeant ou expatrié qui veut un pied-à-terre sans risque dans une adresse reconnue, et l’investisseur patrimonial en SCI ou en nom propre qui raisonne en transmission et plus-value, pas en loyer. Si vous cherchez un rendement locatif supérieur à 4 %, un bien à rénover pour créer de la valeur rapidement, ou un premier investissement avec effet de levier maximal, regardez ailleurs. Levallois-Perret offre un meilleur ratio prix/rendement avec une accessibilité comparable. Colombes permet des opérations de marchand de biens inenvisageables à Neuilly. Notre classement des villes les plus attractives proches de Paris met ces alternatives en perspective.
Les quartiers de Neuilly par usage : vivre, investir, ou revendre vite
Classer les quartiers sans grille de lecture fonctionnelle ne sert à rien. Voici les combinaisons qui fonctionnent selon l’objectif réel de l’acheteur, et celles qui génèrent des regrets.
Vivre en famille : le trio Sablons / Saint-James / Bagatelle et ses arbitrages cachés
Pour une famille qui s’installe à Neuilly pour au moins 7 ans, trois quartiers se détachent. Sablons offre la meilleure vie quotidienne (commerces, métro, écoles accessibles à pied) mais les prix y laissent peu de marge de négociation. Saint-James donne accès au cadre le plus prestigieux, mais impose la voiture pour les courses et limite la vie sociale des adolescents. Bagatelle propose le meilleur compromis entre verdure (proximité du bois) et accessibilité (bus, commerces avenue du Roule), mais expose aux nuisances nocturnes en lisière du bois. L’arbitrage invisible porte sur la sectorisation scolaire : un appartement aux Sablons dans le bon secteur scolaire vaudra toujours plus qu’un bien supérieur à Bagatelle dans un secteur moins coté. Identifiez d’abord l’école, puis le quartier. Pas l’inverse. Si vous cherchez une vue globale sur les meilleurs quartiers en Île-de-France, notre comparatif couvre les principales communes.
Investissement locatif meublé : le micro-secteur autour de Pont de Neuilly et La Défense
L’investissement locatif rentable à Neuilly se concentre sur un périmètre étroit : les petites surfaces (T1, T2) situées dans un rayon de 600 mètres autour de la station Pont de Neuilly. Ce micro-secteur capte la demande de jeunes cadres travaillant à La Défense, d’expatriés en mission courte et de consultants en mobilité. Le meublé y fonctionne mieux que la location nue, avec des loyers qui peuvent atteindre 35 à 40 €/m² sur des surfaces optimisées. Le ticket d’entrée reste le plus accessible de la ville (250 000 à 350 000 € pour un T2), et la vacance locative est faible. En revanche, ce type de bien ne bénéficie pas du prestige patrimonial des quartiers ouest. La plus-value à terme sera plus modeste, et le profil de locataire implique un turnover plus fréquent.
Achat-revente en 5 ans : les rues qui sur-performent le reste de la ville
Si l’objectif est une revente à moyen terme, toutes les adresses de Neuilly ne se valent pas. Les rues qui sur-performent régulièrement sont celles qui cumulent trois caractéristiques : proximité immédiate d’une école cotée, accès piéton au métro ligne 1 en moins de 8 minutes, et copropriété en bon état avec DPE favorable (classe C ou mieux). Le boulevard d’Inkermann, la rue Borghèse côté Sablons et les rues perpendiculaires au boulevard du Château concentrent un volume de transactions élevé avec des délais de vente courts. À l’inverse, les biens situés en bordure de commune (limite Levallois côté nord, limite Puteaux côté ouest) peinent à capter la prime « Neuilly » et se revendent plus lentement. L’erreur classique de l’acheteur-revendeur : acheter le moins cher au m² de Neuilly sans comprendre que ce prix bas reflète un défaut structurel (bruit, DPE, secteur scolaire) qui freinera la revente.
Questions fréquentes
Neuilly-sur-Seine est-elle adaptée aux jeunes actifs sans enfants
Neuilly n’est pas une ville pensée pour les jeunes actifs célibataires. La vie nocturne est inexistante, les bars se comptent sur les doigts d’une main, et l’ambiance est résolument familiale. En revanche, pour un jeune couple avec un budget confortable qui travaille à La Défense ou dans l’ouest parisien, le secteur Pont de Neuilly offre un cadre propre, calme et extrêmement bien connecté. Le compromis existe, mais il faut accepter de vivre dans une ville qui ferme tôt.
Quel budget minimum prévoir pour acheter un appartement familial à Neuilly
Pour un 3 pièces de 65 m² en état correct dans un quartier central (Sablons ou Bagatelle), comptez un minimum de 650 000 à 750 000 € hors frais de notaire. Pour un 4 pièces de 85 m² dans le même périmètre, le ticket passe à 900 000 € et au-delà, selon l’étage et les prestations. Les biens rénovés avec extérieur dans les quartiers premium (Saint-James, Charles Laffitte) dépassent régulièrement le million d’euros. Ces fourchettes n’incluent pas les éventuels travaux de copropriété votés ou à venir.
Les transports en commun sont-ils suffisants pour se passer de voiture
La ligne 1 du métro dessert trois stations à Neuilly (Pont de Neuilly, Les Sablons, Porte Maillot en limite) et permet de rejoindre le centre de Paris en 15 minutes. Pour les quartiers centraux et Pont de Neuilly, le métro suffit largement au quotidien. En revanche, pour Saint-James, l’île de la Jatte ou les franges ouest de Bagatelle, la voiture reste quasi indispensable pour les courses, les activités des enfants et les déplacements le week-end. Le réseau de bus complète la desserte mais avec des fréquences parfois irrégulières en soirée.
Comment évolue le marché immobilier de Neuilly par rapport aux communes voisines
Neuilly se comporte comme un marché distinct de ses voisines. Là où Levallois-Perret ou Courbevoie suivent les tendances générales de l’Île-de-France avec une sensibilité marquée aux cycles économiques, Neuilly amortit mieux les baisses grâce à la rareté de l’offre et à la solidité de la demande. Sur 10 ans, la progression dépasse 23 %, contre 15 à 18 % pour la plupart des communes limitrophes. Cet écart se paie à l’entrée, mais il protège le capital en période de retournement. Le prix au m² n’a jamais reculé sur plus de deux trimestres consécutifs.
Existe-t-il des quartiers à éviter à Neuilly-sur-Seine
Aucun quartier de Neuilly n’est dangereux ou dégradé au sens où on l’entendrait dans d’autres communes. Cependant, certaines micro-zones présentent des inconvénients que les annonces ne mentionnent pas : la lisière du bois de Boulogne côté allées nocturnes, les rues proches de l’avenue Charles-de-Gaulle (axe très passant et bruyant), et certaines copropriétés des années 1970 en bordure de Puteaux où les charges sont élevées et l’entretien insuffisant. Le risque à Neuilly n’est pas de tomber dans un « mauvais quartier » mais de surpayer un bien dont les défauts ne se révèlent qu’après l’emménagement.