La SCI peut-elle souscrire une assurance PNO ?

L’assurance propriétaire non occupant n’est pas universellement obligatoire pour une SCI. La loi ALUR ne l’impose qu’aux biens situés en copropriété, via l’article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965. Pour une maison individuelle ou un immeuble en monopropriété détenus par une société civile, aucune disposition légale ne contraint à signer un contrat. Cette nuance change pourtant peu de choses sur le terrain. La responsabilité de la SCI reste totale en cas de sinistre. Les associés peuvent être recherchés sur leur patrimoine personnel à hauteur de leurs parts. Une PNO bien calibrée coûte aujourd’hui entre 100 et 350 euros par an selon le bien. Sa cotisation se déduit intégralement du résultat foncier au régime réel. Le calcul économique est rapide à faire, surtout depuis la hausse de 8 % des primes liée au relèvement de la contribution catastrophes naturelles.

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Ce que la PNO recouvre quand la SCI est propriétaire

La PNO est un contrat multirisque habitation taillé pour les bailleurs. Elle s’articule en deux volets : la responsabilité civile du propriétaire envers les tiers, et la couverture des dommages au bâti. Pour une SCI, ce contrat se positionne en complément de l’assurance du locataire et de la multirisque du syndic en copropriété.

Les garanties qui complètent l’assurance du locataire et du syndic

La responsabilité civile constitue le minimum légal. Elle couvre les dommages corporels, matériels et immatériels causés à des tiers par le fait du logement : voisins, copropriétaires, passants. Une fuite d’eau qui dégrade l’appartement du dessous, un incendie qui se propage, une chute de tuiles sur une voiture stationnée : la PNO de la SCI prend le relais.

Au-delà de la RC, la plupart des contrats incluent les sinistres classiques. Dégâts des eaux, incendie, explosion, événements climatiques, catastrophes naturelles et catastrophes technologiques figurent dans le socle standard. Ces garanties protègent le bâti détenu par la SCI quand l’origine du sinistre échappe au locataire ou à la copropriété. Une infiltration par la toiture, par exemple, ne relève d’aucune des deux autres assurances. Cette logique de complémentarité s’inscrit dans le panorama complet des assurances en SCI, où chaque contrat couvre un périmètre distinct.

Les options vol, vandalisme, dommages électriques et bris de glace s’ajoutent généralement par avenant. Pour une SCI qui détient un bien meublé, la garantie vol prend du sens : le mobilier appartient à la société, pas au locataire. La perte de loyers après sinistre constitue une autre extension utile, à ne pas confondre avec la garantie loyers impayés qui couvre uniquement les défauts de paiement.

Ce que la PNO ne couvre pas (et qu’il faut souscrire à part)

La PNO ne sécurise pas les loyers en cas de défaillance du locataire. La garantie loyers impayés est un contrat distinct, parfois proposé en option mais le plus souvent souscrit séparément. Elle inclut généralement les frais de procédure d’expulsion et, dans les meilleures formules, les dégradations locatives.

L’assurance dommages-ouvrage n’entre pas non plus dans le périmètre. Cette couverture devient obligatoire pour la SCI dès qu’elle engage des travaux structurels relevant de la garantie décennale : construction neuve, surélévation, gros œuvre. Son défaut expose à 35 000 euros d’amende et six mois d’emprisonnement, selon les sanctions du Code des assurances. Elle se souscrit avant le démarrage du chantier.

L’assurance emprunteur reste également hors champ. Pour une SCI qui finance son acquisition par crédit, la banque exige une couverture décès-invalidité sur la tête des associés cautions. Cette protection s’articule avec la PNO sans la remplacer. En cas de sinistre majeur, l’assurance emprunteur de la SCI prend en charge le remboursement du capital restant dû, là où la PNO finance la remise en état du bien.

Quand la PNO est obligatoire pour une SCI, et quand elle ne l’est pas

L’obligation d’assurer un bien détenu en SCI dépend strictement de sa configuration juridique : copropriété ou monopropriété. Cette distinction, souvent gommée dans les argumentaires commerciaux des assureurs, change pourtant la nature même du risque assumé par la société. Elle conditionne aussi les sanctions applicables en cas de manquement.

Copropriété : l’obligation issue de l’article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965

L’article 58 de la loi ALUR du 24 mars 2014 a inséré l’article 9-1 dans la loi du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété. Le texte impose à chaque copropriétaire, occupant ou non, de souscrire au minimum une assurance couvrant sa responsabilité civile. L’objectif vise à garantir qu’aucun lot ne reste sans couverture en cas de sinistre frappant les parties communes ou un autre lot.

Pour une SCI propriétaire d’un appartement en copropriété, l’obligation s’applique systématiquement. Que le bien soit loué, vacant ou occupé à titre gratuit par un associé, la couverture RC reste due. La PNO standard remplit cette obligation et ajoute les garanties dommages au bâti, ce qui en fait le format dominant dans la pratique.

Le syndic peut exiger l’attestation d’assurance lors de l’assemblée générale. En cas de défaut, certaines copropriétés ont la faculté de souscrire un contrat pour le compte du copropriétaire défaillant, dont le coût lui est ensuite refacturé. Le plus souvent, l’absence d’attestation devient surtout un sujet en cas de sinistre, où la SCI assume seule l’intégralité des dommages causés aux tiers.

⚠ Attention

Une SCI en copropriété qui négligerait la PNO ne sera pas sanctionnée par une amende automatique. En revanche, la convention IRSI exclura ses sinistres de l’indemnisation rapide entre assureurs. Tout dommage causé aux parties communes ou aux autres lots restera entièrement à sa charge, sans plafond ni recours.

Monopropriété et maison individuelle : pas d’obligation, mais une exposition directe

Une SCI qui détient une maison individuelle ou un immeuble entier en monopropriété échappe à l’obligation de la loi ALUR. Aucune disposition ne lui impose de souscrire la moindre assurance, même quand le bien est loué. Les argumentaires commerciaux qui présentent la PNO comme universellement obligatoire entretiennent une confusion utile à la vente de contrats standardisés.

L’absence d’obligation ne supprime pas le risque. Un dégât des eaux qui endommage le commerce voisin, un incendie qui se propage à la parcelle mitoyenne, un effondrement de toiture sur la voie publique : dans tous ces cas, la SCI engage sa responsabilité sur l’intégralité de son patrimoine. Les associés sont recherchés à proportion de leurs parts, indéfiniment et sans solidarité.

Pour un immeuble de rapport en monopropriété, la PNO classique ne suffit d’ailleurs pas. La multirisque immeuble (MRI) couvre les parties communes que la PNO ignore : toiture commune, cage d’escalier, ascenseur, canalisations collectives. Souscrire la même PNO pour un T2 en copropriété et pour un immeuble de six lots constitue une erreur de calibrage que les comparateurs en ligne ne détectent pas.

Le prix réel d’une PNO en SCI en 2026

Le coût d’une PNO varie fortement selon la nature du bien, sa localisation et le périmètre de garanties. Le marché 2026 a absorbé une hausse mécanique de la contribution catastrophes naturelles, passée de 12 à 20 % au 1er janvier 2025, qui pèse aujourd’hui sur toutes les primes habitation.

Tarifs par type de bien et hausse 2025-2026

Les experts Selectra ont relevé en 2026 un prix moyen de 22,18 euros par mois pour un appartement et 37,55 euros par mois pour une maison individuelle, soit respectivement 266 et 450 euros annuels. Les fourchettes constatées par AssurancesLabs et la Fédération Française de l’Assurance restent plus larges : 80 à 350 euros par an, avec une médiane autour de 130 à 170 euros pour un appartement.

Les assureurs en ligne (Acheel, Luko, Lemonade, Lovys) pratiquent des tarifs 30 à 40 % inférieurs aux acteurs traditionnels. La contrepartie tient aux plafonds d’indemnisation, parfois plus bas, et à un service client digital exclusif. La hausse moyenne sur les primes habitation prévue pour 2026 oscille entre 4 et 8 %, d’après les projections du courtier LesFurets. Les contrats PNO suivent cette trajectoire sans la subir intégralement.

— Donnée clé · Source Selectra MMXXVI
22 €/mois

Prix moyen d’une PNO pour appartement en 2026, soit environ 266 euros annuels avant déduction au régime réel.

Les variables qui font sortir du barème

Quatre paramètres font dévier la cotisation du barème moyen. La localisation pèse en premier : un bien parisien ou niçois coûte 20 à 40 % de plus à assurer qu’un équivalent en zone rurale, du fait du risque sinistre et du coût des réparations. L’ancienneté du bâti joue ensuite, surtout pour les immeubles construits avant 1970, dont la vétusté des canalisations augmente la fréquence des dégâts des eaux.

Le mode de location compte également. Une location saisonnière entraîne une surprime de 20 à 50 % par rapport à un bail longue durée, en raison du turnover et de la moindre vigilance des occupants. La colocation meublée majore aussi la prime, parce que la valeur déclarée du mobilier monte avec le nombre de chambres équipées.

Le DPE devient un nouveau facteur de tarification. Depuis l’interdiction de location des passoires thermiques classées G au 1er janvier 2025, un logement non louable reste vacant et augmente le risque assurantiel. Certains assureurs majorent désormais la prime PNO de 20 à 40 % pour ces biens, en attendant la rénovation énergétique qui débloque la mise en location.

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Déduire la prime PNO du résultat foncier : le mode d’emploi

La déduction fiscale réduit substantiellement le coût net de la PNO pour une SCI imposée au régime réel. La règle découle de l’article 31 du Code général des impôts, qui autorise la déduction de toutes les primes d’assurance se rapportant à un immeuble dont les revenus relèvent de la catégorie des revenus fonciers.

SCI à l’IR au régime réel : ligne 223 du formulaire 2044

Pour une SCI translucide imposée à l’IR, la prime PNO entre dans les charges déductibles des revenus fonciers au même titre que la taxe foncière, les intérêts d’emprunt et les travaux d’entretien. Le BOFiP (BOI-RFPI-BASE-20-60) confirme l’application de l’article 31 du CGI sans ambiguïté.

La déduction se reporte sur le formulaire 2044, ligne 223 « Primes d’assurance ». L’assurance emprunteur, pour sa part, figure sur la ligne 250 dédiée aux intérêts d’emprunt. Le bailleur conserve les pièces justificatives (échéancier, attestation, preuve de paiement) pendant trois ans en cas de contrôle.

L’effet économique va plus loin que la simple TMI. La déduction réduit aussi l’assiette des prélèvements sociaux à 17,2 %, ce qui ajoute une économie complémentaire au gain d’impôt sur le revenu. Pour un bailleur à TMI de 30 %, une prime annuelle de 250 euros se solde par une économie nette d’environ 118 euros, soit un coût réel de 132 euros. Ce calcul fait partie des charges déductibles d’une SCI à l’IR à intégrer systématiquement au rendement réel d’un investissement.

◆ Le saviez-vous

La contribution catastrophes naturelles est passée de 12 à 20 % au 1er janvier 2025. Cette hausse a entraîné une augmentation moyenne de 7,5 à 8 % sur les primes PNO renouvelées en 2025-2026. Sur une cotisation annuelle de 250 euros, l’impact est d’environ 18 euros.

SCI à l’IS et micro-foncier : deux logiques différentes

Pour une SCI ayant opté pour l’impôt sur les sociétés, la PNO devient une charge d’exploitation déductible du résultat fiscal, au même rang qu’une dépense courante. La déduction porte alors sur le bénéfice imposable à 15 % jusqu’à 42 500 euros, puis 25 % au-delà. Le mécanisme est plus simple : la prime se comptabilise en charge sur l’exercice de paiement, sans report sur un formulaire spécifique.

Le micro-foncier obéit à une logique radicalement différente. Quand les recettes brutes annuelles de la SCI restent inférieures à 15 000 euros, le régime micro-foncier s’applique par défaut, sauf option pour le réel. L’abattement forfaitaire de 30 % couvre alors l’ensemble des charges, primes d’assurance comprises. Aucune déduction au réel n’est possible.

L’option pour le régime réel devient pertinente dès que les charges réelles excèdent l’abattement forfaitaire, ce qui arrive vite avec la combinaison emprunt + assurances + travaux. L’option s’exerce pour trois ans irrévocables. Avant de basculer, le calcul comparatif sur deux exercices est indispensable, surtout si les travaux importants se concentrent sur une année donnée.

Souscrire au nom de la SCI : qui signe et sous quelle forme

La SCI souscrit en son nom propre, par l’intermédiaire de son représentant légal. Cette mécanique vaut pour la PNO comme pour toute autre assurance liée au patrimoine immobilier. Quelques points techniques méritent l’attention au moment de la signature, notamment dans les configurations multi-biens et les SCI à associé unique.

Le contrat signé par le gérant pour le compte de la société

Le contrat est signé par le gérant statutaire au nom et pour le compte de la SCI. La société figure comme souscripteur, jamais l’associé personne physique. Cette distinction est cruciale : un contrat PNO souscrit par un associé en son nom propre ne couvre pas le bien détenu par la SCI, sauf clause expresse d’agissement pour le compte de la société.

Le gérant communique aux assureurs les pièces standard : statuts à jour, extrait K-bis ou avis SIREN, procès-verbal de nomination si elle n’est pas dans les statuts, RIB du compte bancaire de la SCI. Le paiement de la prime s’effectue depuis le compte de la société, jamais depuis un compte personnel, sous peine de remettre en cause la déductibilité fiscale.

Lorsque le gérant occupe lui-même un bien détenu par la SCI dans le cadre d’un bail signé entre la société et lui-même, il souscrit en parallèle une assurance habitation locataire à son nom personnel. Les deux contrats coexistent : la PNO au nom de la SCI, l’assurance locataire au nom du gérant occupant.

Multi-biens, clause d’agissement et erreurs fréquentes

Pour une SCI qui détient plusieurs lots, deux options techniques cohabitent. Le contrat unique multi-risques regroupe l’ensemble des biens dans une police, ce qui simplifie la gestion administrative et négocie en général une réduction de prime de 5 à 15 %. À l’inverse, le contrat par lot offre une finesse de calibrage par bien, utile quand les profils de risque diffèrent fortement.

La clause d’agissement pour le compte de la SCI permet, dans certains contrats, d’inclure le gérant comme bénéficiaire de la PNO quand il occupe le bien. Cette mécanique évite la double souscription dans les configurations familiales, mais elle reste rarement bien rédigée. Une lecture attentive des conditions particulières s’impose avant signature.

L’erreur la plus fréquente reste la souscription au nom de l’associé personne physique « pour gagner du temps ». Le sinistre se solde par un refus de garantie, parce que le souscripteur n’a pas qualité pour assurer un bien dont il n’est pas propriétaire au sens juridique.

Configuration de la SCI Obligation PNO Couverture additionnelle recommandée
Lot en copropriété Obligatoire (loi ALUR) Aucune (MRI portée par le syndic)
Immeuble entier en monopropriété Facultative Multirisque immeuble (parties communes)
Maison individuelle louée Facultative RC propriétaire élargie
Bien occupé par un associé (bail) Facultative (ou ALUR si copro) Habitation locataire au nom du gérant
Verdict de la maison


Pour la majorité des SCI propriétaires d’un bien en copropriété, la PNO est à la fois obligatoire et le contrat le plus rentable du portefeuille assurantiel : 130 à 270 euros par an avant déduction, 90 à 190 euros nets après imputation au régime réel. La saisie en ligne 223 de la 2044 prend deux minutes avec un logiciel de comptabilité SCI bien paramétré.

La rédaction de Fiscalité-SCIMise à jour mai
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— Questions fréquentes

Ce qui revient le plus souvent.

La PNO de la SCI suffit-elle si le locataire n’a pas pris d’assurance ? +

Non, la PNO ne se substitue pas à l’assurance habitation locataire. Elle protège la SCI sur sa responsabilité civile et le bâti, mais ne couvre pas les risques locatifs incombant à l’occupant. L’article 7 de la loi du 6 juillet 1989 oblige le locataire à fournir une attestation chaque année. En cas de défaut, la SCI peut souscrire elle-même au nom du locataire et répercuter le coût sur le loyer, conformément à la loi ALUR.

Une SCI hors copropriété peut-elle être sanctionnée si elle n’a pas de PNO ? +

Pas par une amende administrative directe. L’obligation issue de l’article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 ne vise que les copropriétés. Une SCI propriétaire d’une maison individuelle ou d’un immeuble en monopropriété peut donc rester sans PNO sans enfreindre la loi. La sanction réelle survient en cas de sinistre : l’intégralité des dommages reste à la charge de la société, et les associés sont recherchés à hauteur de leurs parts, sans plafond.

Qu’arrive-t-il à la PNO en cas de dissolution de la SCI ? +

Le contrat doit être résilié ou transféré au moment de la dissolution. Si les biens sont vendus à des tiers, les nouveaux propriétaires souscrivent leur propre PNO. Si les biens reviennent aux associés dans le cadre d’un partage, chaque associé devenu propriétaire en nom propre signe un nouveau contrat individuel. La résiliation s’effectue par lettre recommandée à l’assureur, accompagnée de l’attestation de radiation de la SCI au RCS.

Quelle différence entre PNO et multirisque immeuble pour une SCI ? +

La PNO couvre un lot privatif et la responsabilité civile de son propriétaire. La multirisque immeuble (MRI) couvre l’intégralité d’un bâtiment, parties communes incluses : toiture, cage d’escalier, ascenseur, canalisations collectives. En copropriété, la MRI est souscrite par le syndic et la PNO par le copropriétaire. En monopropriété, où aucun syndic n’existe, la SCI doit souscrire elle-même une MRI pour couvrir les parties communes de son immeuble.

La prime PNO peut-elle être refacturée au locataire ? +

Non, la PNO reste à la charge exclusive du propriétaire. Le décret du 26 août 1987, qui fixe la liste limitative des charges récupérables, ne mentionne pas les primes d’assurance souscrites par le bailleur. Cette dépense ne peut donc pas être réclamée au locataire ni intégrée aux provisions sur charges. La seule exception concerne l’assurance que la SCI souscrit au nom d’un locataire défaillant en application de la loi ALUR : son coût peut alors être répercuté sur le loyer.